Fonctions exponentielles
Étudier les fonctions exponentielles de base positive, les fractions de période, les taux moyens et les seuils.
Environ 45 minutes
- Prolonger une suite géométrique positive.
- Employer les propriétés des puissances et les racines.
- Calculer un taux moyen et interpréter un seuil.
Comment prolonger une évolution à taux constant lorsque la durée n’est plus un nombre entier ?
Une suite géométrique décrit des étapes entières. Une fonction exponentielle de la forme x ↦ aˣ, avec a positif, permet de prolonger ce modèle à des durées positives non entières. Nous allons donner un sens aux demi-périodes, employer les propriétés des puissances, comparer croissance et décroissance, puis calculer un taux moyen. Les exemples de capital et de quantité sont fictifs et ne constituent pas des données financières ou médicales.
1. Passer des étapes entières à une durée continue
Dans une suite géométrique positive, uₙ = Cqⁿ décrit la quantité après n périodes entières. Pour obtenir un modèle continu, on définit f(x) = Cqˣ pour x ≥ 0, où C > 0 et q > 0. Les valeurs entières coïncident avec les termes de la suite. Les valeurs intermédiaires dépendent de ce choix de prolongement. Une situation qui ne change qu’à dates fixes ne devient pas réellement continue parce que l’on dessine une courbe.
On admet l’extension des propriétés des puissances aux exposants réels employés ici. En particulier, q⁰ = 1, donc f(0) = C, et q¹ = q, donc f(1) = Cq. Le nombre q reste un coefficient multiplicateur par période. Si la période de référence est l’année, x égal à 0,5 représente une demi-année. Il ne représente ni cinquante années ni la moitié de la quantité.
Pour un exposant demi, q¹ᐟ² est la racine carrée positive de q. Deux multiplications successives par ce coefficient doivent redonner une multiplication par q. Par exemple, la racine carrée de 1,21 vaut 1,1, car 1,1 × 1,1 = 1,21. Dans un modèle continu à coefficient annuel 1,21, le coefficient sur une demi-année est donc 1,1, et non 1,105.
Exemple résolu
Un modèle de capital est C(x) = 100 × 1,21ˣ euros, pour x années. Calculer C(0,5) et C(1,5) sans calculatrice.
- Étape 1 : Utiliser 1,21 = 1,1² : la puissance (1,21 puissance 0,5) vaut 1,1.
- Étape 2 : Calculer C(0,5) = 100 × 1,1 = 110.
- Étape 3 : Écrire (1,21 puissance 1,5) = 1,21 × (1,21 puissance 0,5) = 1,21 × 1,1 = 1,331.
- Étape 4 : Multiplier par cent : C(1,5) = 133,1.
Résultat : Le modèle donne cent dix euros après une demi-année et cent trente-trois euros et dix centimes après une année et demie.
Piège à éviter : Diviser simplement le taux annuel de 21 % par deux ne conserve pas la composition multiplicative du modèle.
À toi d'essayer
Un modèle possède un coefficient égal à 1,44 sur une période. Quel coefficient constant doit-il avoir sur chacune des deux demi-périodes ?
Voir la réponseMasquer la réponse
Il faut la racine carrée positive de 1,44, soit 1,2. En effet, 1,2² = 1,44. Le taux sur chaque demi-période est donc de 20 %, et non de 22 %.
2. Utiliser les propriétés algébriques admises
Pour une base positive a, on utilise aˣ × aʸ = aˣ⁺ʸ et aˣ/aʸ = aˣ⁻ʸ lorsque les exposants considérés permettent les opérations dans le modèle. On utilise également (aˣ)ʸ = aˣʸ. Ces propriétés prolongent celles des puissances entières. Elles décrivent des durées qui se cumulent ou des rapports entre valeurs. On ne doit pas remplacer le produit de puissances par la somme de leurs bases.
Dans f(x) = Cqˣ, le rapport f(x + h)/f(x) vaut qʰ pour une durée supplémentaire h. Il ne dépend pas de x. C’est le caractère exponentiel : des durées égales produisent le même coefficient multiplicateur. En revanche, la différence f(x + h) − f(x) dépend généralement de la quantité de départ f(x). Une même évolution relative peut donc créer des gains absolus différents.
Pour une durée égale à 1/n de période, le coefficient est q¹ᐟⁿ, la racine n-ième positive de q. Répéter n fois cette évolution donne q. Cette idée permet de comprendre une fréquence de capitalisation ou une fraction de durée sans apprendre une nouvelle règle pour chaque fraction. L’unité de temps doit rester constante dans la formule.
Exemple résolu
Une quantité passe de cent à cent quarante-quatre unités en deux périodes. Quel taux constant par période aurait produit la même évolution globale ?
- Étape 1 : Calculer le coefficient global : 144/100 = 1,44.
- Étape 2 : Si chaque période possède le même coefficient q, leur composition donne q² = 1,44.
- Étape 3 : Prendre la racine positive : q = 1,2.
- Étape 4 : Revenir au taux : q − 1 = 0,2, soit 20 %.
Résultat : Le taux moyen équivalent vaut 20 % par période. Deux hausses de 20 % donnent une hausse globale de 44 %.
Piège à éviter : Diviser la hausse globale de 44 % par deux donnerait 22 %, qui ne restitue pas le coefficient global.
3. Lire la croissance ou la décroissance
Pour f(x) = Cqˣ avec C positif, si q > 1, la fonction est strictement croissante. Si 0 < q < 1, elle est strictement décroissante. Si q = 1, elle est constante. Toutes ses valeurs sont positives. Un modèle décroissant peut se rapprocher de zéro sans prendre exactement la valeur zéro à une durée finie. Cette observation compte lorsqu’un seuil doit être atteint.
La courbe de 80 × 0,5ˣ passe par les valeurs 80, 40, 20 et 10 aux rangs entiers zéro à trois. Les pertes successives valent 40, 20 et 10. Elles ne sont pas constantes. Ce modèle illustre une division répétée par deux ; dans un contexte scientifique réel, la durée de référence et les hypothèses physiques devraient être fournies et vérifiées.
À toi d'essayer
Un élève affirme qu’une baisse exponentielle de 10 % par période devient une baisse de dix unités par période lorsque la quantité atteint cent. Que peut-on répondre ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Résoudre une question de seuil et changer d’échelle
Un seuil peut être étudié à l’aide de valeurs exactes simples, d’une représentation graphique ou d’un outil numérique. Il faut distinguer le premier rang entier d’une suite et l’instant de franchissement d’une fonction continue. Dans le modèle f(x) = 80 × 0,5ˣ, les valeurs aux temps deux et trois encadrent quinze : f(2) = 20 et f(3) = 10. La courbe étant décroissante, le passage par quinze se situe entre ces deux temps.
Exemple résolu
Pour f(x) = 80 × 0,5ˣ, donner le premier rang entier où la quantité est strictement inférieure à quinze et encadrer l’instant continu de passage par quinze.
- Étape 1 : Calculer f(2) = 20, qui reste supérieur à quinze.
- Étape 2 : Calculer f(3) = 10, strictement inférieur à quinze.
- Étape 3 : Utiliser la décroissance : aucun rang entier antérieur à trois ne satisfait la condition.
- Étape 4 : Sur la courbe continue, le passage par quinze se produit entre deux et trois ; un graphique plus précis pourrait affiner cet encadrement.
Résultat : Le premier rang entier est trois. L’instant continu de passage par quinze appartient à l’intervalle ouvert de deux à trois.
Piège à éviter : Donner trois comme instant exact de passage par quinze confondrait une étape entière et une solution continue.
À toi d'essayer
Transfert inverse : une fonction f(x) = Cqˣ, avec C et q positifs, vérifie f(0) = 50 et f(2) = 200. Retrouve f(1).
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Changer de période modifie la base. Un coefficient mensuel q correspond à un coefficient annuel q¹² si les douze mois sont traités comme périodes identiques du modèle. Inversement, un coefficient annuel Q correspond à Q¹ᐟ¹² par mois dans un prolongement homogène. Ces transformations ne prouvent pas que le dispositif réel applique ce mécanisme ; elles décrivent la cohérence interne du modèle choisi.
5. Au bac : justifier une évolution moyenne
Au bac : traiter une évolution exponentielle
- Identifier la valeur initiale, le coefficient et la période associée.
- Pour une fraction de période, utiliser une racine ou une propriété de puissance donnée.
- Pour un taux moyen sur n périodes, calculer le coefficient global, puis sa racine n-ième positive.
- Pour un seuil, préciser si l’on cherche un rang entier ou un instant continu et utiliser la variation.
- Conclure avec les unités et distinguer valeur exacte, approximation et encadrement.
L’épreuve anticipée distingue le programme des mathématiques communes de celui de spécialité et se traite sans calculatrice. Pour s’y préparer, on privilégie donc ici des coefficients dont les racines se calculent simplement, des puissances fournies ou des lectures graphiques justifiées. En cours, le tableur peut compléter un nuage de points par des valeurs intermédiaires et aider à comparer une évolution affine avec une évolution exponentielle.
Vocabulaire
- Fonction exponentielle de base a :
- Fonction x ↦ aˣ pour une base positive, étudiée ici pour x positif ou nul.
- Taux moyen :
- Taux constant équivalent à une succession d’évolutions.
- Racine n-ième positive :
- Nombre positif dont la puissance n donne le nombre considéré.
- Coefficient global :
- Produit des coefficients des évolutions successives.
Erreurs fréquentes : diviser un taux global par le nombre de périodes ; ajouter les coefficients ; confondre interpolation linéaire et exponentielle ; oublier l’unité de temps ; prendre un rang entier pour l’instant exact d’un passage.
Bilan
| Repère | Ce qu’il permet de comprendre |
|---|---|
| Modèle | f(x) = Cqˣ prolonge une suite positive. |
| Composition | Les coefficients se multiplient ; les durées s’ajoutent. |
| Moyenne | Le coefficient moyen est une racine du coefficient global. |
| Seuil | La réponse dépend du caractère discret ou continu du temps. |
À retenir
- Les propriétés des puissances sont étendues aux exposants réels et admises.
- Une base supérieure à un donne la croissance ; une base entre zéro et un donne la décroissance.
- Un taux moyen se calcule à partir d’un coefficient global.
- Un seuil continu et un premier rang entier sont deux questions distinctes.
Fiche de révision
Pour une demi-période, cherche le coefficient qui, multiplié par lui-même, restitue le coefficient complet.
Exemple repère
de cent à cent quarante-quatre en deux périodes correspond à deux facteurs 1,2.
Avant tout résultat, écris la période
annuel, mensuel ou nombre de divisions. Une base n’a de sens qu’avec cette unité.
Et maintenant ?
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