Réseaux et systèmes

Décrire un réseau local, suivre des paquets et le bit alterné ; utiliser chemins et commandes de base et interpréter les permissions des fichiers.

Environ 35 minutes

  • Distinguer les rôles des équipements réseau
  • Expliquer paquets et encapsulation
  • Simuler une perte et une retransmission
  • Utiliser des chemins et lire des permissions
Sommaire
  1. 1. Des équipements aux paquets
  2. 2. Récupérer une perte avec le bit alterné
  3. 3. Le système d’exploitation et les chemins
  4. 4. Lire et gérer les permissions
  5. 5. Décrire les règles avant d’agir

Comment un échange peut-il réussir malgré la perte d’un message ?

Un réseau transporte des données entre machines, mais certains messages peuvent être perdus. Des règles communes permettent d’identifier les destinataires, d’organiser les échanges et de reprendre une transmission. Dans chaque ordinateur, le système d’exploitation gère aussi les fichiers, les programmes et les accès. Nous relierons ces deux échelles : circulation entre machines, puis utilisation raisonnée d’un système libre et de ses commandes dans un dossier de travail personnel.

1. Des équipements aux paquets

Un réseau local relie plusieurs équipements dans un espace limité, comme un établissement. Une interface réseau permet à une machine d’y communiquer. Un commutateur relie des équipements du même réseau local et oriente les trames vers les ports adaptés. Un routeur relie des réseaux distincts et transmet des paquets entre eux selon ses informations de routage. Un point d’accès Wi-Fi relie des équipements sans fil au réseau. Ces fonctions peuvent être réunies dans un même boîtier, mais elles restent conceptuellement différentes.

Le commutateur relie les postes du réseau local ; le routeur assure la liaison avec d’autres réseaux.

Pour communiquer, les données sont découpées en unités plus petites : les paquets. Ce découpage permet notamment de partager les liaisons entre plusieurs échanges et de retransmettre une unité perdue plutôt que tout le message. Les paquets peuvent subir des délais, des pertes ou arriver dans un ordre différent selon le fonctionnement du réseau et des protocoles. Le destinataire doit disposer de règles pour interpréter ce qu’il reçoit. Découper ne garantit donc pas, à lui seul, une livraison complète et correcte.

L’encapsulation ajoute des informations de contrôle autour des données à transmettre. Une couche utilise le service d’une autre : des données d’application peuvent être placées dans un segment de transport, puis un paquet IP et une trame du réseau local. Chaque niveau répond à un besoin différent, par exemple identifier l’application concernée ou acheminer vers une adresse IP. Les en-têtes ne font pas partie du texte que l’utilisateur voulait envoyer, mais ils occupent aussi une place dans la transmission.

Exemple résolu

Un message de 2 300 octets est découpé en charges utiles d’au plus 1 000 octets. Chaque paquet ajoute 40 octets d’en-tête dans notre modèle. Calcule le nombre de paquets et le volume total transmis sans retransmission.

  1. Étape 1 : Les deux premiers paquets transportent chacun 1 000 octets utiles ; il reste 300 octets pour un troisième paquet.
  2. Étape 2 : Les trois paquets ajoutent ensemble 3 × 40 = 120 octets d’en-tête.
  3. Étape 3 : Le volume du modèle est donc 2 300 + 120 = 2 420 octets. On ne compte ici aucun autre en-tête ni accusé de réception.

Résultat : Il faut 3 paquets et 2 420 octets au total dans ce modèle explicitement simplifié.

Piège à éviter : Arrondir le quotient 2,3 à 2 oublierait les 300 derniers octets du message.

À toi d'essayer

Un fichier de 1 600 octets utilise des paquets de 600 octets utiles au maximum et 30 octets d’en-tête par paquet. Quel est le volume transmis si le deuxième paquet complet doit être envoyé une deuxième fois ?

Voir la réponse

Il y a trois paquets utiles : 600, 600 et 400 octets. Le premier envoi occupe 1 600 + 3 × 30 = 1 690 octets. La répétition du deuxième paquet ajoute 600 + 30 = 630 octets, soit 2 320 octets dans ce modèle, hors accusés de réception.

2. Récupérer une perte avec le bit alterné

Un protocole est un ensemble de règles partagées pour échanger. Dans un modèle simple du bit alterné, l’émetteur envoie un paquet portant le numéro 0 ou 1 puis attend son accusé de réception. Nous noterons ACK 0 la confirmation du paquet 0, et ACK 1 celle du paquet 1. Certains cours numérotent les accusés autrement ; ici la convention est fixée. Après la confirmation attendue, l’émetteur passe au paquet suivant en changeant le bit. Il n’en garde qu’un en attente de confirmation.

Si l’attente dépasse un délai prévu, l’émetteur renvoie le même paquet avec le même bit. Le récepteur doit distinguer une donnée nouvelle d’une répétition. Quand il reçoit le numéro attendu, il livre la donnée à l’application et change le numéro attendu. Quand il reçoit à nouveau le paquet précédent, il ne livre pas une seconde fois la donnée, mais renvoie sa confirmation. Cette dernière règle est essentielle si c’est l’accusé de réception qui a été perdu.

Une confirmation perdue provoque une répétition ; le numéro permet au récepteur d’éviter une double livraison.

Exemple résolu

Le paquet 0 arrive correctement, mais ACK 0 est perdu. Déroule la suite jusqu’à l’autorisation d’envoyer le paquet 1.

  1. Étape 1 : Le récepteur a livré la donnée 0 et attend maintenant le numéro 1. L’émetteur, privé de confirmation, attend encore ACK 0.
  2. Étape 2 : Après expiration du délai, l’émetteur renvoie le paquet 0. Le récepteur reconnaît le doublon : il ne livre pas à nouveau cette donnée.
  3. Étape 3 : Le récepteur renvoie ACK 0. Si cet accusé arrive, l’émetteur considère le paquet 0 confirmé et peut envoyer la donnée suivante avec le bit 1.

Résultat : La donnée 0 est livrée une seule fois malgré deux réceptions du paquet 0. Les deux machines finissent par attendre la suite cohérente de l’échange.

Piège à éviter : Supprimer le renvoi de confirmation pour un doublon empêcherait l’émetteur de sortir de son attente après la perte d’un accusé.

Ce protocole simplifié met en évidence la fiabilité par confirmation et reprise ; il ne décrit pas intégralement TCP. La discussion suppose des règles sur la détection des messages altérés et sur les délais de circulation : le seul bit ne permet pas de gérer un ancien paquet conservé indéfiniment dans le réseau. Les protocoles réels disposent d’autres mécanismes. Une simulation débranchée peut faire jouer l’émetteur, le récepteur et le canal pour vérifier explicitement chaque changement d’état.

3. Le système d’exploitation et les chemins

Le système d’exploitation fournit des services aux programmes : accès aux fichiers, gestion de ressources matérielles, lancement des applications, échanges avec les périphériques et contrôle des droits. Il sert d’intermédiaire entre de nombreuses demandes logicielles et les ressources de la machine. Un programme applicatif ne gère donc pas seul toute l’organisation des fichiers ou de la mémoire. L’interface graphique et l’interpréteur de commandes sont deux moyens d’utiliser certains services du système.

Un système libre autorise, selon sa licence, l’usage, l’étude, la modification et la redistribution de son code. Libre ne signifie pas nécessairement gratuit et ne signifie pas que tous les utilisateurs disposent de tous les droits sur chaque fichier. Un système propriétaire limite davantage ces libertés par ses conditions de licence. Dans un système GNU/Linux, on peut pratiquer les commandes dans un dossier personnel sans modifier les fichiers d’autres personnes ou l’organisation générale de la machine.

L’arborescence organise les répertoires et les fichiers. Un chemin absolu part de la racine, notée /. Un chemin relatif part du répertoire courant. Le nom . désigne le répertoire courant et .. son parent. La commande pwd affiche le répertoire courant ; ls liste des entrées ; cd change de répertoire. mkdir crée un répertoire et cp copie un fichier. Avant toute commande qui modifie un fichier, on vérifie le répertoire de départ et le chemin de destination.

À toi d'essayer

Le répertoire courant est /home/eleve/projet. Quel chemin absolu correspond à ../donnees/releve.csv ? La commande cd modifie-t-elle le contenu de ce fichier ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Lire et gérer les permissions

Sur un système de type Unix, les permissions ordinaires distinguent le propriétaire, le groupe et les autres utilisateurs. Les lettres r, w et x indiquent lecture, écriture et exécution. Pour un fichier, r autorise sa lecture, w sa modification et x son exécution dans les conditions du système. Pour un répertoire, x permet sa traversée et r la lecture de sa liste d’entrées ; w intervient dans la modification de ses entrées, en combinaison avec les autres droits nécessaires. Les droits d’un fichier ne se lisent donc pas isolément de ceux du chemin.

Exemple résolu

La commande ls -l affiche les permissions -rw-r----- pour un fichier ordinaire appartenant à Léa et au groupe classe. Décris les droits ordinaires des trois catégories.

  1. Étape 1 : Le premier caractère - indique ici un fichier ordinaire. Les neuf caractères suivants se découpent en trois groupes : rw-, r-- et ---.
  2. Étape 2 : La propriétaire possède lecture et écriture, sans exécution. Le groupe possède la lecture seule. Les autres n’ont aucun de ces trois droits sur le fichier.
  3. Étape 3 : Pour lire effectivement le fichier, il faut aussi pouvoir traverser les répertoires qui y conduisent. Le résultat n’annonce pas les règles supplémentaires éventuelles du système.

Résultat : Ces permissions ordinaires autorisent Léa à lire et modifier le fichier, et le groupe classe à le lire sous réserve de l’accès au chemin.

Piège à éviter : Lire les neuf lettres comme un seul groupe donnerait les mêmes droits à tous et effacerait la distinction propriétaire, groupe et autres.

La commande chmod modifie les permissions lorsque l’utilisateur est autorisé à le faire. Dans un exercice sur ses propres fichiers, chmod u+x outil.py ajoute l’exécution pour le propriétaire ; chmod o-r document.txt retire la lecture aux autres. On ne change que le droit nécessaire, après avoir lu l’état initial. Une erreur « permission refusée » est une information sur les autorisations : on ne tente pas de la contourner. Les commandes et droits doivent rester dans le périmètre du travail autorisé.

À toi d'essayer

Un fichier est lisible par son propriétaire, mais un répertoire parent lui interdit la traversée. Peut-il nécessairement ouvrir le fichier avec son chemin ? Quelle information manque pour expliquer un refus sans modifier les droits ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

5. Décrire les règles avant d’agir

Au bac : raisonner sur un protocole ou un système

  1. Fixer la convention des numéros et écrire l’état des deux machines après chaque message.
  2. Distinguer perte de donnée et perte de confirmation ; chercher un doublon possible.
  3. Pour une commande, annoncer le répertoire courant et résoudre le chemin.
  4. Lire les permissions par catégorie avant de conclure. Les acquis de première restent mobilisables en cas de poursuite de la spécialité en terminale.
Attention :

Erreurs fréquentes : confondre commutateur et routeur ; croire qu’un découpage suffit à assurer la fiabilité ; livrer deux fois un paquet répété ; prendre un chemin relatif pour un chemin absolu ; appliquer les droits du propriétaire à tous les utilisateurs.

Vocabulaire

Encapsulation :
Ajout d’informations de contrôle autour des données à un niveau de communication.
Accusé de réception :
Message qui confirme une réception selon la convention du protocole.
Répertoire courant :
Point de départ utilisé pour résoudre un chemin relatif.
Permission :
Autorisation d’une opération pour une catégorie d’utilisateurs.

Bilan

QuestionRepère
TransporterPaquets, adresses et protocoles organisent les échanges.
ReprendreConfirmation et délai permettent de traiter une perte.
AccéderChemins et permissions encadrent les opérations sur les fichiers.

Retrouve S’entraîner à l’adresse /exercices. Simule d’abord une perte de message, puis résous un chemin et lis des permissions sans modifier le système.

À retenir

  • Un routeur relie des réseaux ; un commutateur relie des équipements du réseau local.
  • L’encapsulation ajoute des informations utiles au traitement des communications.
  • Le bit alterné distingue une donnée attendue d’une répétition dans le modèle étudié.
  • Un chemin relatif dépend du répertoire courant.
  • Les permissions distinguent propriétaire, groupe et autres.

Fiche de révision

Pour une perte d’accusé

renvoyer le paquet, éviter la double livraison puis confirmer à nouveau.

Pour un fichier

résoudre le chemin, vérifier la traversée des parents puis lire les droits du fichier.

Pour un calcul de volume

compter charges utiles, en-têtes et retransmissions selon le modèle annoncé.

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