Solutions et absorbance

Préparer des solutions, lire un spectre et déterminer une concentration par absorbance dans une gamme d’étalonnage contrôlée.

Environ 35 minutes

  • Préparer une dilution
  • Lire un spectre d’absorption
  • Déterminer une concentration par étalonnage
Sommaire
  1. 1. Décrire et préparer une solution
  2. 2. Relier absorption et couleur
  3. 3. Exploiter Beer-Lambert et une gamme
  4. 4. Justifier le protocole et conclure

Pourquoi une solution colorée peut-elle permettre de mesurer une concentration ?

Lorsqu’une lumière traverse une solution, certaines longueurs d’onde sont absorbées davantage que d’autres. Dans des conditions contrôlées, une mesure d’absorbance permet de relier cet effet à la quantité de soluté dissous. Tu vas distinguer couleur, spectre et étalonnage, préparer une dilution puis déterminer une concentration. Les valeurs des exemples constituent des données d’étude. Une mesure réelle exige un protocole, une gamme adaptée et la vérification des conditions de validité.

1. Décrire et préparer une solution

Une solution est un mélange homogène dans lequel un ou plusieurs solutés sont dissous dans un solvant. Sa concentration en quantité de matière c est définie par c = n/V, où n est la quantité du soluté et V le volume final de solution. En utilisant mol et L, c s’exprime en mol·L⁻¹. La concentration en masse Cₘ vaut m/V et s’exprime souvent en g·L⁻¹. Pour une même espèce de masse molaire M, Cₘ = cM.

La préparation par dissolution consiste à introduire une masse connue d’un solide, à la dissoudre puis à ajuster au volume final. Une fiole jaugée fixe ce volume avec une précision adaptée. Il ne faut pas ajouter le solide à un volume de solvant déjà égal au volume final souhaité et supposer que celui-ci restera inchangé. Au laboratoire, les transferts et rinçages quantitatifs évitent de perdre une partie du soluté, puis l’homogénéisation rend la composition uniforme.

Diluer signifie ajouter du solvant à un prélèvement d’une solution mère. Si le soluté ne réagit pas et qu’il n’est pas perdu, sa quantité se conserve entre le prélèvement et la solution fille. Ainsi c(mère) × V(prélèvement) = c(fille) × V(final). La concentration diminue alors que la quantité de soluté du prélèvement reste la même. Le facteur de dilution F vaut le rapport concentration mère/concentration fille, ou volume final/volume prélevé.

Exemple résolu

Préparer 100,0 mL d’une solution à 0,100 mmol·L⁻¹ à partir d’une solution mère à 1,00 mmol·L⁻¹. Quel volume prélever ?

  1. Étape 1 : Le facteur de dilution vaut F = 1,00/0,100 = 10,0.
  2. Étape 2 : La conservation donne Vprélevé = cfille × Vfinal/cmère = 0,100 × 100,0/1,00 = 10,0 mL.
  3. Étape 3 : Prélever avec le matériel adapté, transférer dans une fiole jaugée de 100,0 mL, compléter au trait avec le solvant puis homogénéiser selon le protocole.

Résultat : Il faut prélever 10,0 mL de solution mère et obtenir un volume final de 100,0 mL.

Piège à éviter : Ajouter 100,0 mL de solvant au prélèvement ne donne pas le volume final demandé.

À toi d'essayer

On dilue un prélèvement en doublant son volume total, sans perte ni réaction. Que deviennent la concentration et la quantité de soluté ?

Voir la réponse

La quantité de soluté du prélèvement reste constante et la concentration est divisée par deux, puisque c = n/V. La quantité dans le flacon mère entier n’est pas la grandeur conservée dans cette opération.

2. Relier absorption et couleur

L’absorbance A mesure l’atténuation de la lumière traversant un échantillon à une longueur d’onde donnée. Elle est sans unité. Plus A est élevée, plus l’atténuation est importante dans les conditions de mesure. Une solution ne possède donc pas une absorbance unique indépendante de la lumière utilisée. Le spectrophotomètre permet de mesurer A en fonction de la longueur d’onde λ ou à une longueur d’onde choisie.

Ce spectre modèle présente un maximum vers 550 nm. Il décrit l’absorption selon la longueur d’onde, pas selon la concentration.

Un spectre d’absorption représente A en fonction de λ. Il renseigne sur les radiations absorbées. La couleur perçue en transmission dépend de celles qui atteignent l’œil, donc des radiations restantes et de l’éclairage. Une solution qui absorbe surtout dans une zone du visible peut présenter une couleur complémentaire. L’interprétation s’appuie sur le spectre et un cercle chromatique adapté ; elle ne consiste pas à attribuer à la solution la couleur de son maximum d’absorption.

Un maximum d’absorption peut guider le choix de la longueur d’onde pour un dosage, car une variation de concentration y produit souvent une variation mesurable d’absorbance. Il faut également vérifier que d’autres espèces présentes ne perturbent pas la mesure. Le blanc contient le solvant et, selon le protocole, les autres constituants utiles à la référence. Il permet de prendre en compte l’atténuation due à ce qui n’est pas l’espèce recherchée.

Vocabulaire

Absorbance :
Grandeur sans unité caractérisant l’atténuation de la lumière traversant l’échantillon à une longueur d’onde donnée.
Spectre d’absorption :
Graphique de l’absorbance en fonction de la longueur d’onde.
Gamme étalon :
Ensemble de solutions de concentrations connues servant de références.
Blanc :
Échantillon de référence permettant de régler la mesure selon le protocole.

La cuve doit être adaptée à la mesure et placée de manière reproductible. Des traces sur ses faces optiques, une bulle dans le trajet lumineux ou une solution trouble peuvent perturber l’interprétation. On ne traite pas une mesure douteuse en modifiant simplement le calcul. On contrôle d’abord le montage, l’état de la cuve et la préparation. Les règles de manipulation et de gestion des déchets sont celles du laboratoire.

À toi d'essayer

Le maximum d’un spectre est à 550 nm. Un élève affirme que la solution transmet surtout cette radiation. Que faut-il corriger ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

3. Exploiter Beer-Lambert et une gamme

Dans son domaine de validité, la loi de Beer-Lambert s’écrit A = εℓc. Le coefficient ε dépend de l’espèce, de la longueur d’onde et des conditions ; ℓ est la longueur du trajet lumineux dans la solution. Pour une espèce, une longueur d’onde et une cuve fixées, on écrit A = kc. Le coefficient k dépend de l’unité choisie pour c. La proportionnalité ne s’applique pas sans vérification à toute solution, notamment si le milieu est trop concentré ou trouble.

Dans cette gamme de données, A = 2,0c lorsque c est exprimée en mmol·L⁻¹. La droite n’est utilisée que sur le domaine étudié.

Un étalonnage consiste à mesurer plusieurs solutions de concentrations connues dans les mêmes conditions. On place les points (c ; A), puis on examine si une relation linéaire adaptée décrit les données sur le domaine retenu. Des points expérimentaux ne sont pas forcément parfaitement alignés. Une droite avec une ordonnée à l’origine non négligeable invite à contrôler le blanc ou à utiliser le modèle fourni, sans la forcer arbitrairement à passer par zéro.

Exemple résolu

La gamme étalon suit A = 2,0c avec c en mmol·L⁻¹ entre 0 et 0,50 mmol·L⁻¹. Une solution inconnue a A = 0,60. Déterminer sa concentration.

  1. Étape 1 : L’absorbance 0,60 appartient à la gamme étudiée, qui atteint 1,0.
  2. Étape 2 : On isole c dans A = 2,0c : c = A/2,0.
  3. Étape 3 : c = 0,60/2,0 = 0,30 mmol·L⁻¹, soit 3,0 × 10⁻⁴ mol·L⁻¹.

Résultat : La concentration de la solution mesurée vaut 0,30 mmol·L⁻¹.

Piège à éviter : Donner 0,30 mol·L⁻¹ oublierait que l’étalonnage utilise les millimoles par litre.

Le dosage par étalonnage compare une propriété physique à des références connues. Il ne repose pas ici sur la consommation du soluté par une réaction chimique. Une concentration inconnue doit être déterminée dans le domaine où le protocole fonctionne. Si l’absorbance est trop élevée, on prépare une dilution contrôlée puis on mesure à nouveau. Le résultat concerne d’abord la solution placée dans la cuve, avant toute remontée à la solution initiale.

Exemple résolu

Une solution initiale est diluée cinq fois. La solution diluée donne A = 0,40 dans la gamme précédente. Quelle est la concentration initiale ?

  1. Étape 1 : La solution mesurée a c = 0,40/2,0 = 0,20 mmol·L⁻¹.
  2. Étape 2 : Le facteur F = 5 relie la solution initiale à la solution diluée.
  3. Étape 3 : La concentration initiale vaut 5 × 0,20 = 1,0 mmol·L⁻¹.

Résultat : La solution initiale contient le soluté à 1,0 mmol·L⁻¹ ; la mesure a porté sur sa dilution.

Piège à éviter : Diviser par cinq une seconde fois ferait diminuer la concentration en remontant vers la solution mère.

À toi d'essayer

Avec la même gamme, une mesure donne A = 1,60. Un élève prolonge la droite et annonce une concentration. Quelle démarche plus solide proposes-tu ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Justifier le protocole et conclure

Au bac : résoudre un dosage par étalonnage

  1. Identifie la solution dont la concentration est recherchée et repère les éventuelles dilutions.
  2. Vérifie la longueur d’onde, le blanc, la cuve et les unités de la gamme.
  3. Place ou exploite les points expérimentaux et utilise le modèle justifié dans son domaine.
  4. Détermine la concentration de la solution effectivement mesurée.
  5. Remonte à la solution initiale si nécessaire, puis présente la valeur avec son unité et les limites du protocole.

Un compte rendu doit permettre de distinguer les données et l’interprétation. Conserve les volumes réellement prélevés, le volume final, les concentrations calculées et les absorbances lues. Si une solution étalon a été mal préparée, la droite obtenue peut sembler régulière tout en donnant un dosage faux. Vérifie donc la préparation en plus de l’ajustement graphique. Une belle droite ne suffit pas à certifier toute la manipulation.

Le contrôle peut aussi s’appuyer sur une nouvelle dilution. Si deux dilutions correctement réalisées conduisent, après correction par leurs facteurs, à des concentrations initiales proches, la cohérence est renforcée. Si elles divergent fortement, il faut rechercher une cause : prélèvement, homogénéisation, blanc, domaine d’absorbance ou perturbation par une autre espèce. Cette démarche ne donne pas automatiquement une précision chiffrée ; elle aide à repérer une incompatibilité du protocole.

Attention :

Erreurs fréquentes : confondre concentration et quantité ; utiliser le volume de solvant au lieu du volume final ; oublier le facteur de dilution ; lire une couleur absorbée comme une couleur transmise ; extrapoler sans contrôle ; mélanger mol·L⁻¹ et mmol·L⁻¹.

Bilan

SituationRepère utile
PréparerDéfinir n et le volume final de solution.
DiluerConserver la quantité du prélèvement et abaisser c.
MesurerFixer λ, le blanc et la cuve.
DoserUtiliser une gamme valide puis corriger la dilution.

Pour poursuivre, compare le dosage physique étudié ici au titrage par réaction chimique. Le hub Exercices du site rassemble l’espace S’entraîner.

À retenir

  • La concentration en quantité de matière est c = n/V.
  • Une dilution sans perte ni réaction conserve la quantité de soluté du prélèvement.
  • L’absorbance dépend de la longueur d’onde et n’a pas d’unité.
  • À conditions fixées et dans son domaine, Beer-Lambert donne A = kc.
  • Le résultat de l’étalonnage concerne la solution effectivement mesurée.

Fiche de révision

Préparation

distinguer concentration mère, volume prélevé et volume final.

Spectre

l’axe horizontal est λ ; étalonnage : il est c.

Si A dépasse la gamme, préparer une dilution au lieu de supposer la droite valable plus loin.

Exemple rapide

une dilution par dix impose de multiplier par dix la concentration mesurée pour retrouver celle de départ.

Vérifier aussi l’expérience

blanc, transparence, cuve et homogénéisation.

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