Divisions cellulaires
Comprendre le cycle cellulaire, distinguer chromosomes et chromatides, puis comparer les bilans de la mitose et de la méiose.
Environ 35 minutes
- Distinguer homologues et chromatides sœurs
- Relier les phases du cycle à la quantité d’ADN
- Comparer mitose et méiose
Comment une cellule transmet-elle ses chromosomes quand elle se divise ?
La croissance d’un organisme et la reproduction sexuée impliquent des divisions dont les bilans diffèrent. Pour les comprendre, il faut suivre deux informations séparément : le nombre de chromosomes et l’état simple ou double de chacun. Nous allons relier l’observation des cellules aux mécanismes de répartition de leur ADN.
1. Compter les chromosomes, comprendre leur état
Une cellule eucaryote possède généralement un noyau dans lequel se trouve l’essentiel de son ADN. Cet ADN est associé à des protéines et organisé en chromosomes. Un chromosome ne se définit pas par une forme en X : cette forme correspond seulement à un chromosome condensé comportant deux chromatides. Hors division, les chromosomes sont le plus souvent décondensés et ne sont pas individualisables au microscope optique. Ils n’ont pourtant pas disparu.
Une chromatide contient une molécule d’ADN à deux brins. Après duplication, un chromosome comporte deux chromatides sœurs reliées au niveau d’une région appelée centromère. Les chromatides sœurs correspondent aux copies issues d’un même chromosome. À l’inverse, deux chromosomes homologues forment une paire : ils portent les mêmes gènes aux mêmes emplacements, mais peuvent porter des allèles différents. Confondre ces deux relations empêche de comprendre la différence entre mitose et méiose.
Une cellule diploïde possède deux exemplaires de chaque type de chromosome, notés 2n. Une cellule haploïde n’en possède qu’un, noté n. Un caryotype est une présentation ordonnée des chromosomes d’une cellule, souvent observés lorsqu’ils sont condensés. Pour le lire, on associe les homologues d’après leurs caractéristiques. Le nombre de chromatides ne suffit pas à déterminer la ploïdie : une cellule haploïde peut avoir des chromosomes doubles.
Exemple résolu
Une cellule diploïde possède 2n = 6 chromosomes. Après duplication et avant séparation des chromatides, combien contient-elle de chromosomes, de chromatides et de molécules d’ADN ?
- Étape 1 : Le nombre de chromosomes est conservé pendant la duplication : il reste six chromosomes, organisables en trois paires.
- Étape 2 : Chaque chromosome comporte désormais deux chromatides : 6 × 2 = 12 chromatides.
- Étape 3 : Une chromatide correspond à une molécule d’ADN à deux brins : on compte donc douze molécules d’ADN.
Résultat : La cellule contient 6 chromosomes, 12 chromatides et 12 molécules d’ADN. Elle reste diploïde.
Piège à éviter : Compter chaque bras du X comme un chromosome double à tort le nombre de chromosomes.
À toi d'essayer
Dans un caryotype, on distingue quatre chromosomes doubles dont aucun n’a d’homologue dans la cellule. Quelle est la ploïdie et combien y a-t-il de molécules d’ADN ?
Voir la réponseMasquer la réponse
La cellule est haploïde, n = 4. Chaque chromosome ayant deux chromatides, elle contient huit molécules d’ADN. Le caractère double ne la rend pas diploïde.
2. Une duplication avant la mitose
Le cycle d’une cellule qui se multiplie comprend l’interphase puis la phase de division. L’interphase regroupe G1, S et G2. Pendant G1, chaque chromosome possède une chromatide ; la cellule exerce des activités et peut croître. Pendant S, la réplication de l’ADN transforme progressivement chaque chromosome simple en chromosome double. Pendant G2, la duplication est achevée et la cellule se prépare à la division. La quantité d’ADN a doublé, tandis que le nombre de chromosomes est resté stable.
La mitose répartit les copies entre deux noyaux. Les chromosomes se condensent en prophase. En métaphase, ils sont disposés dans le plan équatorial de la cellule. Un fuseau constitué de fibres participe à leur déplacement. En anaphase, les chromatides sœurs se séparent et gagnent deux pôles opposés. Chacune est alors un chromosome indépendant. En télophase, les noyaux se reconstituent et les chromosomes se décondensent. Le partage du cytoplasme, ou cytodiérèse, aboutit aux deux cellules filles.
Le dessin représente un cas simplifié à deux chromosomes. Il montre que chaque cellule fille reçoit une copie du chromosome bleu et une copie du chromosome rouge. La mitose conserve ainsi le nombre et les caractéristiques des chromosomes. Associée à une réplication fidèle, elle assure une reproduction conforme de l’information génétique. Cette stabilité explique la croissance et le renouvellement des tissus. Des mutations peuvent néanmoins apparaître : conforme ne signifie pas qu’aucune variation ne survient jamais.
Exemple résolu
On suit une cellule dont la quantité d’ADN vaut 8 unités en G1. Elle réalise une phase S complète puis une mitose normale. Indique la quantité d’ADN en G2 et dans chacune des cellules filles.
- Étape 1 : La phase S produit une copie de chaque molécule : la quantité passe de 8 à 16 unités.
- Étape 2 : En G2, l’ADN est dupliqué mais il appartient encore à une seule cellule : on mesure 16 unités.
- Étape 3 : La mitose distribue une chromatide de chaque chromosome à chaque cellule fille : chacune reçoit 16 ÷ 2 = 8 unités.
Résultat : La quantité est de 16 unités en G2 puis de 8 unités par cellule fille. Les deux filles réunies possèdent 16 unités.
Piège à éviter : Comparer l’ADN de deux cellules réunies à celui d’une seule cellule sans le préciser donne une fausse impression de perte ou de gain.
À toi d'essayer
Une substance empêche la séparation des chromatides sœurs après la métaphase. Peut-on conclure que deux cellules filles normales seront obtenues ? Justifie par le mécanisme concerné.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
3. La méiose réduit le nombre de chromosomes
La méiose intervient dans les cycles de reproduction sexuée. Elle comprend une seule duplication préalable de l’ADN, suivie de deux divisions successives. La cellule de départ est diploïde. À la première division, les chromosomes homologues d’une paire se séparent. Chaque cellule obtenue ne reçoit qu’un homologue de chaque paire : elle est haploïde, bien que ses chromosomes possèdent encore deux chromatides. Il n’y a pas de nouvelle phase S entre les deux divisions.
La seconde division sépare les chromatides sœurs. Le bilan chromosomique correspond à quatre cellules haploïdes comportant des chromosomes simples. Chez les animaux, la méiose participe à la formation des gamètes. Le schéma général ne signifie pas que quatre gamètes de même taille et de même devenir fonctionnel apparaissent dans tous les cas. On retient ici les événements chromosomiques communs ; les mécanismes détaillés qui produisent la diversité des combinaisons génétiques seront approfondis en terminale.
La fécondation réunit ensuite deux lots haploïdes et restaure la diploïdie. Cette alternance évite le doublement du nombre de chromosomes à chaque génération. Une mitose d’une cellule diploïde, en revanche, maintient la diploïdie : elle ne remplace donc pas la méiose dans ce rôle. Pour reconnaître la division étudiée, il faut identifier ce qui se sépare, et non se fier seulement à la présence de chromosomes visibles.
Exemple résolu
Chez une espèce dont les cellules diploïdes possèdent 2n = 8 chromosomes, établis le bilan d’une méiose normale, juste après chaque division.
- Étape 1 : Avant la première division, les huit chromosomes ont chacun deux chromatides : on compte seize molécules d’ADN.
- Étape 2 : La première division sépare les homologues : chacune des deux cellules reçoit quatre chromosomes doubles, soit huit molécules d’ADN.
- Étape 3 : La seconde division sépare les chromatides : chacune des quatre cellules reçoit quatre chromosomes simples, soit quatre molécules d’ADN.
Résultat : Après I : deux cellules n = 4 à chromosomes doubles. Après II : quatre cellules n = 4 à chromosomes simples.
Piège à éviter : Diviser encore le nombre de chromosomes par deux à la seconde division conduirait à n = 2, alors que seules les chromatides sœurs se séparent.
À toi d'essayer
Deux gamètes normaux d’une espèce possèdent chacun sept chromosomes simples. Retrouve le nombre de chromosomes d’une cellule diploïde de cette espèce, puis le nombre de chromatides qu’elle aurait en G2.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Observer et construire une explication
Au bac : relier une observation à un mécanisme
- Commence par définir l’objet observé : cellule entière, noyau, caryotype ou quantité d’ADN par cellule. Relève l’échelle, les unités et le moment du cycle indiqué.
- Décris un indice visible : chromosomes alignés au centre, deux groupes qui s’éloignent, homologues associés. Évite de nommer une phase à partir d’une impression générale.
- Relie cet indice au mécanisme : séparation des chromatides en mitose, séparation des homologues en première division de méiose. Accompagne le raisonnement d’un schéma légendé si nécessaire.
- Termine par une réponse au problème : conservation ou réduction du nombre de chromosomes. Cette méthode prépare aux raisonnements du bac ; elle ne suppose pas une épreuve terminale de SVT en première.
Lors d’une observation au microscope, par exemple sur une préparation de méristème racinaire fournie en classe, plusieurs cellules correspondent à différents moments du cycle. On observe d’abord à faible grossissement pour choisir une zone, puis on augmente le grossissement. Le dessin d’observation doit représenter ce qui est visible, avec un titre, des légendes et une échelle quand elle est connue. Un schéma d’interprétation peut ensuite isoler les chromosomes et leurs déplacements ; il ne remplace pas l’observation.
Sur une photographie unique, une superposition peut masquer un chromosome et un noyau flou ne permet pas toujours un comptage fiable. Il faut distinguer une donnée certaine d’une interprétation. De même, un graphique donnant la quantité d’ADN ne révèle pas à lui seul la forme de tous les chromosomes. Croiser le comptage, la quantité d’ADN et les images rend l’identification plus solide.
Erreurs fréquentes : la réplication n’est pas une division ; un chromosome double n’est pas une paire d’homologues ; l’ADN n’apparaît pas seulement en mitose. En anaphase mitotique, les chromatides séparées sont devenues des chromosomes indépendants : précise toujours si tu comptes dans la cellule encore entière ou dans un futur noyau.
5. Bilan et vocabulaire
Vocabulaire
- Homologues :
- Chromosomes d’une même paire portant les mêmes gènes, éventuellement sous des versions différentes.
- Chromatides sœurs :
- Deux copies d’un chromosome réunies après la réplication.
- Caryotype :
- Présentation ordonnée des chromosomes d’une cellule.
- Haploïde :
- Qui possède un seul exemplaire de chaque type de chromosome.
- Fuseau :
- Ensemble de fibres participant à la répartition des chromosomes lors d’une division.
Comparer pour comprendre
| Événement | Ce qui se sépare | Résultat |
|---|---|---|
| Mitose | Chromatides sœurs | Deux cellules de même ploïdie |
| Méiose I | Chromosomes homologues | Deux cellules haploïdes |
| Méiose II | Chromatides sœurs | Quatre cellules haploïdes |
Pour t’entraîner, ouvre la rubrique S’entraîner du site et cherche les activités sur le cycle cellulaire. Pour prolonger cette leçon, étudie la réplication de l’ADN : elle expliquera comment chaque copie est fabriquée avant sa répartition.
À retenir
- La phase S double la quantité d’ADN sans changer la ploïdie.
- La mitose conserve les caractéristiques du caryotype.
- La méiose comporte deux divisions après une seule réplication et produit quatre cellules haploïdes.
Fiche de révision
G1 → S → G2 → division : la copie précède le partage.
Exemple de repère
2n = 6 en G2 correspond à six chromosomes doubles, pas douze chromosomes.
Pour identifier une division, demande-toi si les éléments séparés sont des homologues ou des chromatides sœurs.
Le bilan s’établit par cellule ; les totaux d’une population répondent à une autre question.
Questions fréquentes
La mitose double-t-elle le nombre de chromosomes ?
Non dans chacune des cellules filles. Le nombre de cellules augmente, mais chacune conserve le caryotype initial. À l’anaphase, le comptage dans la cellule encore indivise doit être distingué du comptage par futur noyau.
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