Divergence des plaques
Expliquer l’accrétion océanique, la fusion par décompression, le refroidissement et l’hydratation de la lithosphère.
Environ 35 minutes
- Relier remontée et fusion partielle
- Comparer basalte et gabbro
- Calculer une moyenne pondérée
Comment un écartement produit-il de nouvelles roches ?
Aux dorsales, la séparation des plaques s’accompagne de remontées mantelliques et de magmatisme. Les roches créées se refroidissent puis se transforment au contact de l’eau. Suivre leur histoire permet de relier divergence, structure et évolution de la lithosphère océanique.
1. Produire une nouvelle lithosphère
Une dorsale est une limite divergente où deux plaques s’écartent. La création de nouvelle lithosphère océanique y accompagne leur séparation. Ce processus est appelé accrétion océanique. La dorsale ne se réduit pas à une fissure remplie de lave : elle associe déformation, remontée du manteau, magmatisme, refroidissement et circulation d’eau. Les proportions de ces processus varient selon les dorsales.
Lorsque des péridotites mantelliques remontent, la pression diminue. Leur température reste élevée et varie moins rapidement que leur pression au cours de cette remontée. Elles peuvent franchir les conditions de début de fusion : une partie de la roche fond. On parle de fusion partielle par décompression. Ce mécanisme n’exige pas qu’une nouvelle source chauffe localement la roche au moment où elle remonte.
Le liquide formé se sépare du résidu solide et peut remonter. Il n’a pas exactement la composition de la péridotite de départ : tous les constituants ne passent pas dans le liquide dans les mêmes proportions. Une partie du magma cristallise en profondeur ; une autre peut parvenir au fond de l’océan. La fusion partielle ne transforme donc pas tout le manteau sous la dorsale en liquide.
Exemple résolu
Une péridotite chaude remonte. Dans les conditions du document étudié, la température de début de fusion diminue quand la pression baisse. Explique pourquoi un magma peut apparaître sans augmentation de température.
- Étape 1 : Au départ, la péridotite est dans le domaine solide.
- Étape 2 : La remontée diminue la pression ; la limite de début de fusion change avec cette pression.
- Étape 3 : Si le trajet de remontée franchit cette limite, une fraction de la roche fond alors même que sa température n’augmente pas.
Résultat : La décompression peut déclencher une fusion partielle. La variable décisive du raisonnement est ici la pression.
Piège à éviter : Affirmer que toute fusion exige un réchauffement oublie que les conditions de changement d’état dépendent aussi de la pression.
À toi d'essayer
Une roche chaude reste à pression constante et ne franchit aucune limite de fusion dans le diagramme fourni. Peut-on affirmer qu’elle fond simplement parce qu’elle est profonde ?
Voir la réponseMasquer la réponse
Non. La fusion dépend de l’ensemble des conditions et de la composition. Une température élevée en profondeur peut rester compatible avec un état solide à forte pression.
2. Former basaltes et gabbros
Le basalte et le gabbro sont des roches magmatiques fréquentes de la croûte océanique. Un magma refroidi rapidement près de la surface produit une roche à très petits cristaux, parfois associée à du verre : le basalte. Un refroidissement plus lent en profondeur permet le développement de cristaux visibles : le gabbro. Leur différence de texture renseigne donc sur les conditions de refroidissement.
Sous l’eau, certaines coulées basaltiques prennent des formes arrondies dites en coussins. Une telle forme fournit un indice de mise en place sous l’eau, à interpréter avec le contexte. La péridotite constitue le manteau sous la croûte ; ce n’est pas simplement un gabbro plus profond. La structure de la lithosphère associe donc des roches de compositions et d’origines différentes.
Les dorsales rapides sont généralement alimentées par un magmatisme abondant. À certaines dorsales lentes, l’apport magmatique est plus réduit et de grandes failles peuvent mettre à l’affleurement des roches du manteau. Une coupe présentant partout la même succession continue de basaltes et de gabbros ne décrit donc pas toutes les dorsales. Il faut confronter le modèle à la bathymétrie, aux prélèvements et aux observations de terrain.
Exemple résolu
Deux échantillons de composition globale proche présentent, pour A, de petits cristaux dans une pâte et, pour B, de gros cristaux jointifs. Propose une interprétation dans un contexte de dorsale.
- Étape 1 : La texture de A correspond à un refroidissement relativement rapide ; elle est compatible avec un basalte.
- Étape 2 : La texture de B traduit un refroidissement plus lent ; elle est compatible avec un gabbro.
- Étape 3 : La composition et le contexte doivent confirmer l’identification. Le contraste ne prouve pas deux magmas totalement indépendants.
Résultat : Les échantillons peuvent représenter deux modes de refroidissement d’un magmatisme océanique : en surface pour A, en profondeur pour B.
Piège à éviter : Classer une roche uniquement selon sa couleur néglige la texture et les minéraux.
À toi d'essayer
Une péridotite est prélevée directement sur le fond près d’une dorsale lente. Est-ce nécessairement une erreur de prélèvement ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
3. Refroidir et épaissir la lithosphère
La lithosphère nouvellement formée est chaude. En s’éloignant de la dorsale, elle perd de la chaleur et se refroidit. Une portion croissante du manteau supérieur devient assez froide pour appartenir au domaine mécanique lithosphérique. L’épaississement concerne donc surtout le manteau lithosphérique ; il ne signifie pas que la croûte basaltique devient partout de plus en plus épaisse.
On peut décrire cet épaississement par une relation empirique simplifiée entre épaisseur et âge. Dans le modèle e = 10√t, l’épaisseur e est en kilomètres et l’âge t en millions d’années. À 25 Ma, on obtient 50 km ; à 100 Ma, 100 km. Le quadruplement de l’âge double ici l’épaisseur. Le coefficient et le domaine de validité dépendent du modèle ; près de l’axe, la valeur nulle à t = 0 montre une simplification.
Le refroidissement tend aussi à augmenter la masse volumique des roches. La proportion de manteau lithosphérique, plus dense que la croûte, augmente. La masse volumique moyenne de l’ensemble peut donc croître. Il faut effectuer une moyenne pondérée par les volumes ou, pour une colonne de section constante, par les épaisseurs. Une simple moyenne des deux valeurs serait fausse si les couches n’ont pas la même épaisseur.
Exemple résolu
Une colonne de lithosphère possède 7 km de croûte à 2,9 g/cm³ et 63 km de manteau lithosphérique à 3,3 g/cm³. Calcule sa masse volumique moyenne.
- Étape 1 : La section est commune aux deux couches : on peut pondérer les masses volumiques par leurs épaisseurs.
- Étape 2 : Calcule le numérateur : 7 × 2,9 + 63 × 3,3 = 20,3 + 207,9 = 228,2.
- Étape 3 : Divise par l’épaisseur totale : 228,2/70 = 3,26 g/cm³.
Résultat : La masse volumique moyenne vaut 3,26 g/cm³. Le manteau, beaucoup plus épais, pèse davantage dans la moyenne.
Piège à éviter : Faire (2,9 + 3,3)/2 = 3,1 suppose à tort deux volumes égaux.
À toi d'essayer
Avec le même modèle de masses volumiques, une lithosphère de 35 km contient toujours 7 km de croûte. Compare sa moyenne à celle de 70 km.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. L’eau transforme les roches
L’eau de mer peut circuler dans les fractures de la lithosphère jeune. Elle se réchauffe et réagit avec les roches : c’est la circulation hydrothermale. Ces interactions modifient la composition des fluides et certains minéraux. L’eau ne reste pas seulement dans des fissures ; des groupes contenant de l’hydrogène peuvent être incorporés dans la structure de minéraux hydratés.
Des gabbros peuvent ainsi comporter des minéraux hydratés, et des péridotites peuvent être transformées en serpentinites. Ces transformations se déroulent largement à l’état solide : elles ne doivent pas être confondues avec la fusion. L’hydratation de la lithosphère océanique prépare une partie des transformations qu’elle subira plus tard si elle entre en subduction.
Le système d’une dorsale associe donc plusieurs échanges : matière mantellique remontante, magma transféré vers la croûte, chaleur perdue vers l’océan et eau circulant dans les roches. Chaque observation renseigne sur une partie de ce fonctionnement. Une température de fluide ne donne pas directement la température de tout le manteau, et un échantillon hydraté ne décrit pas toute l’épaisseur de la plaque.
Pour expliquer un affleurement, on peut articuler trois étapes : formation de la roche par refroidissement d’un magma ou présence d’un résidu mantellique ; transformation éventuelle par circulation de fluides ; exposition par la déformation ou l’érosion. Cet ordre évite de confondre la naissance d’une roche avec les modifications qu’elle subit ensuite.
Au bac : relier un modèle de dorsale aux observations
- Localise les observations par rapport à l’axe et précise leur nature : roche, relief, température ou âge.
- Relie la remontée à la baisse de pression, puis la fusion partielle au magma et à ses produits de refroidissement.
- Explique l’évolution avec l’âge en distinguant croûte et manteau lithosphérique ; annonce les hypothèses de chaque calcul.
- Ajoute les transformations hydrothermales si les minéraux l’indiquent, puis indique les limites du modèle pour les dorsales lentes.
Vocabulaire
- Accrétion :
- Formation de nouvelle lithosphère au niveau d’une limite divergente.
- Fusion partielle :
- Passage à l’état liquide d’une fraction d’une roche.
- Décompression :
- Diminution de pression lors d’une remontée.
- Hydrothermalisme :
- Circulation d’eau chaude et réactions associées avec les roches.
Comparer pour comprendre
| Processus | Conséquence |
|---|---|
| Remontée et décompression | Fusion partielle possible |
| Refroidissement du magma | Basalte ou gabbro selon les conditions |
| Refroidissement avec l’âge | Épaississement lithosphérique |
| Circulation d’eau | Transformations minéralogiques |
La convergence des plaques explique ensuite comment une lithosphère océanique peut être recyclée. Pour approfondir les moyennes et les diagrammes, utilise la rubrique S’entraîner.
À retenir
- La décompression du manteau remontant peut produire une fusion partielle.
- Basalte et gabbro témoignent de conditions de refroidissement différentes.
- Le refroidissement épaissit surtout le manteau lithosphérique et augmente la densité moyenne.
Fiche de révision
Pour une roche
composition et texture renseignent sur sa formation ; les minéraux hydratés sur des transformations ultérieures.
Pour une densité moyenne
multiplier chaque valeur par son épaisseur avant de diviser par l’épaisseur totale.
Une dorsale lente peut exposer des péridotites : le modèle de croûte continue n’est pas universel.
Questions fréquentes
Le manteau fond-il entièrement sous une dorsale ?
Non. Une fraction peut fondre lorsque les conditions sont réunies. Un résidu solide subsiste, et le liquide produit se sépare de ce résidu.
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