Son et musique
La période, le spectre et le niveau sonore décrivent des propriétés différentes d’un son et permettent de comprendre les intervalles musicaux.
Environ 35 minutes
- Relier période et fréquence
- Interpréter un spectre harmonique
- Comparer intensités, niveaux et octaves
Pourquoi un violon et une flûte restent-ils reconnaissables lorsqu’ils jouent la même note ?
La période, le spectre et le niveau sonore décrivent des propriétés différentes d’un son et permettent de comprendre les intervalles musicaux.
1. De la vibration à la fréquence
Une corde de guitare vibre, met l’air voisin en vibration et produit une perturbation qui se propage jusqu’à l’oreille. Le son est une onde mécanique : il demande un milieu matériel. Les molécules d’air oscillent autour de leur position moyenne ; elles ne font pas le voyage de la guitare à l’auditeur. Un microphone transforme les variations de pression en un signal électrique observable.
Un signal périodique présente un motif qui se répète à intervalles réguliers. Sa période T est la plus petite durée de répétition de ce motif. Sa fréquence f compte le nombre de répétitions par seconde : f = 1/T, avec T en secondes et f en hertz. Plus la fréquence est élevée, plus la hauteur sonore est aiguë. La fréquence ne se confond ni avec la vitesse de propagation ni avec le niveau sonore.
Sur un enregistrement temporel, on mesure une durée horizontale. Pour réduire l’incertitude de lecture, on peut repérer plusieurs motifs identiques et diviser la durée totale par leur nombre. Deux sommets voisins ne définissent pas forcément une période : un son composé peut présenter plusieurs bosses dans un motif. Il faut retrouver la même forme et le même état d’évolution.
Exemple résolu
Sur un enregistrement, quatre périodes occupent 20 ms. Déterminer la période et la fréquence fondamentale.
- Étape 1 : La période vaut 20/4 = 5 ms.
- Étape 2 : Convertir : 5 ms = 0,005 s.
- Étape 3 : Calculer f = 1/0,005 = 200 Hz.
Résultat : La fréquence fondamentale vaut 200 Hz ; le motif se répète deux cents fois par seconde.
Piège à éviter : Utiliser directement 5 dans la formule sans convertir les millisecondes donne une fréquence mille fois trop petite.
À toi d'essayer
Une courbe présente trois motifs identiques entre 2 ms et 14 ms. Calcule la fréquence en expliquant la durée utilisée.
Voir la réponseMasquer la réponse
La durée de trois périodes vaut 14 − 2 = 12 ms. Donc T = 4 ms = 0,004 s et f = 250 Hz. La graduation initiale à 2 ms ne fait pas partie de la durée des trois motifs.
2. Son pur, son composé et timbre
Un son pur correspond à un signal sinusoïdal, comme le tracé supérieur de la figure. Un son composé périodique peut être décrit comme une somme de signaux sinusoïdaux. Les fréquences de ces composantes sont des multiples entiers de la fréquence fondamentale. Pour une fondamentale de 200 Hz, les harmoniques peuvent se trouver à 400, 600 ou 800 Hz. Toutes ne possèdent pas la même amplitude.
Le tracé inférieur associe ici une composante de 200 Hz et une composante de 400 Hz d’amplitude relative 0,35. Leur somme reste périodique, de période 5 ms, mais sa forme n’est plus sinusoïdale. Ajouter une harmonique modifie la forme du motif sans nécessairement changer sa durée. Deux instruments peuvent ainsi jouer à la même hauteur avec des sons différents.
Un spectre place les fréquences sur l’axe horizontal et une grandeur liée à chaque composante sur l’axe vertical. Ici, il s’agit d’amplitudes relatives. Une seule raie caractérise le modèle du son pur ; plusieurs raies caractérisent le son composé périodique. Le pic le plus élevé n’est pas forcément la fondamentale : une harmonique peut être plus intense. Il faut lire les positions et l’échelle de l’ensemble des pics.
Le timbre dépend notamment des amplitudes relatives des harmoniques et de l’évolution du son, par exemple de son attaque et de son extinction. Deux spectres stationnaires donnent donc une information utile, mais pas toute l’identité d’un instrument. Une note réelle peut aussi contenir du bruit et des composantes qui s’écartent du modèle idéal strictement périodique.
Pour visualiser un spectre avec un logiciel, enregistre à niveau modéré un son stable, sélectionne une portion représentative puis affiche l’analyse fréquentielle. Note la fréquence d’échantillonnage, la durée de la sélection et les axes affichés. Une sélection trop brève sépare mal des fréquences proches. Le relevé doit identifier les pics et leurs unités avant de proposer une interprétation. Aucune mesure réelle n’est nécessaire pour lire les deux figures calculées de ce cours.
À toi d'essayer
Un spectre possède des raies à 180, 360 et 540 Hz ; celle de 540 Hz est la plus haute. Un élève conclut que la fondamentale vaut 540 Hz. Corrige son raisonnement.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
3. Distinguer intensité et niveau en décibels
L’intensité sonore I est une puissance transportée par unité de surface, exprimée en W/m². À un point donné, elle dépend de la source et de la propagation. Dans un même milieu et dans le domaine linéaire, elle augmente comme le carré de l’amplitude des variations de pression. Multiplier cette amplitude par deux multiplie alors l’intensité par quatre, sans changer la fréquence.
Le niveau d’intensité sonore L utilise une échelle logarithmique. Avec la référence I₀ = 10⁻¹² W/m², on écrit L = 10 log₁₀(I/I₀), en décibels. La formule peut être fournie dans un exercice ; les puissances de dix permettent de comprendre son fonctionnement. Si I/I₀ vaut 10⁶, le logarithme décimal vaut 6 et le niveau vaut 60 dB.
Une multiplication de l’intensité par dix ajoute 10 dB ; une multiplication par cent ajoute 20 dB. Une intensité doublée ajoute environ 3 dB. Les niveaux ne s’additionnent donc pas comme des puissances. Pour deux sources indépendantes dont les intensités reçues s’ajoutent, on commence par additionner ces intensités, puis on détermine le niveau correspondant.
Exemple résolu
Un son présente une intensité de 10⁻⁶ W/m². Une seconde situation multiplie cette intensité par cent. Calculer les deux niveaux.
- Étape 1 : Pour la première situation, I/I₀ = 10⁻⁶/10⁻¹² = 10⁶ ; donc L = 60 dB.
- Étape 2 : La deuxième intensité vaut 10⁻⁴ W/m², soit un rapport de 10⁸ à la référence.
- Étape 3 : Le deuxième niveau vaut 80 dB : la différence est 20 dB.
Résultat : Une intensité cent fois plus grande fait passer ici le niveau de 60 à 80 dB.
Piège à éviter : Multiplier 60 dB par cent traite à tort le décibel comme une mesure directement proportionnelle à l’intensité.
L’échelle physique ne décrit pas à elle seule toute la sensation auditive. La sensibilité varie avec la fréquence et les personnes. La pondération A, utilisée dans certaines mesures de bruit, tient compte de différences de sensibilité fréquentielle selon une convention. Un résultat en dB(A) doit être identifié comme tel. Un volume apprécié comme agréable peut rester dangereux si l’exposition est trop importante.
Une comparaison entre niveaux exige les mêmes conditions : position du microphone, durée de mesure et type de niveau. Le réglage d’un téléphone n’est pas un sonomètre étalonné. On peut comparer des enregistrements dans une activité encadrée, mais on ne transforme pas une valeur approximative en garantie sanitaire. La prévention sera reprise dans le chapitre sur l’audition.
4. Cordes vibrantes, intervalles et octaves
La fréquence fondamentale d’une corde dépend de sa longueur vibrante, de sa tension et de sa masse par unité de longueur. À tension et masse linéique fixées, raccourcir la portion vibrante augmente la fréquence ; augmenter la tension l’augmente également. Une corde plus lourde par unité de longueur produit une fréquence plus faible dans les mêmes autres conditions. Ces comparaisons supposent que les autres paramètres sont maintenus.
Dans un instrument à vent, l’air contenu dans un tuyau participe à la vibration. La longueur de la colonne d’air et les conditions à ses extrémités influencent les fréquences possibles. On ne peut donc pas transférer sans précaution toutes les règles d’une corde à n’importe quel tuyau. L’instrument sélectionne et renforce certains modes de vibration.
Un intervalle musical se définit par le rapport de deux fréquences fondamentales. Pour comparer un son aigu de fréquence f₂ à un son grave de fréquence f₁, on calcule f₂/f₁. Une octave correspond au rapport 2 : doubler la fréquence change la hauteur tout en conservant le nom de la note. Deux octaves correspondent au rapport 4, trois au rapport 8.
Une gamme est une suite finie de notes réparties sur une octave. Les choix de rapports déterminent différentes organisations musicales. Une différence de fréquences, exprimée en hertz, ne définit pas à elle seule un intervalle : ajouter 100 Hz à 100 Hz donne un rapport 2, tandis que les ajouter à 400 Hz donne un rapport 1,25. Les rapports sont indispensables pour comparer les intervalles.
Exemple résolu
Une corde joue une fondamentale de 220 Hz. On réduit de moitié sa longueur vibrante en conservant tension et masse par unité de longueur. Le modèle donne une fréquence inversement proportionnelle à la longueur. Quelle fréquence obtient-on et quel intervalle cela représente-t-il ?
- Étape 1 : Une longueur divisée par deux donne une fréquence multipliée par deux.
- Étape 2 : La nouvelle fréquence vaut 2 × 220 = 440 Hz.
- Étape 3 : Le rapport 440/220 vaut 2 : il s’agit d’une octave ascendante.
Résultat : La corde produit une fondamentale de 440 Hz dans le modèle, une octave au-dessus.
Piège à éviter : Le doublement concerne la fréquence fondamentale ; il ne signifie pas que le niveau sonore est doublé.
À toi d'essayer
Deux notes de fréquences 300 Hz et 450 Hz sont-elles séparées par une octave ? Une troisième à 600 Hz est proposée. Quelle paire forme une octave ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
5. Passer du graphique à l’explication
Au bac — exploiter un enregistrement sonore
- Repère si l’abscisse représente le temps ou la fréquence ; relève son unité.
- Sur le signal temporel, mesure plusieurs périodes ; sur le spectre, identifie fondamentale et harmoniques.
- Pour une comparaison musicale, calcule un rapport ; pour un niveau, utilise la relation logarithmique fournie.
- Conclus sur la grandeur réellement étudiée : hauteur, composition ou intensité.
Vocabulaire
- Période :
- Plus petite durée de répétition d’un motif.
- Fréquence :
- Nombre de répétitions par seconde, en hertz.
- Harmonique :
- Composante sinusoïdale dont la fréquence est un multiple entier de la fondamentale.
- Timbre :
- Qualité liée notamment à la composition et à l’évolution d’un son.
- Octave :
- Intervalle associé au rapport deux entre fréquences fondamentales.
Erreurs fréquentes : lire des hertz sur un axe en millisecondes ; confondre pic maximal et fondamentale ; additionner les décibels ; croire qu’un son aigu est nécessairement plus fort.
Trois lectures complémentaires
| Question | Grandeur | Outil |
|---|---|---|
| Combien de répétitions ? | Fréquence | Période du signal |
| Quelles composantes ? | Harmoniques | Spectre |
| Quelle puissance par surface ? | Intensité | Niveau logarithmique |
À retenir
- Pour un signal périodique, f = 1/T avec T en secondes.
- Un son pur est sinusoïdal ; un son composé périodique comporte des harmoniques.
- Dix fois plus d’intensité correspond à 10 dB supplémentaires.
- Une octave correspond à un rapport deux entre fréquences fondamentales.
Fiche de révision — Son et musique
Vérifie d’abord l’unité de l’axe horizontal.
Plusieurs bosses peuvent appartenir au même motif.
Le timbre dépend des composantes et de leur évolution dans le temps.
Compare les puissances avant de comparer leurs niveaux.
Une corde raccourcie monte dans l’aigu si les autres paramètres restent fixés.
Questions fréquentes
Deux sons de même fréquence fondamentale ont-ils le même timbre ?
Non. Les amplitudes des harmoniques et l’évolution temporelle peuvent différer.
Zéro décibel signifie-t-il absence de son ?
Non. C’est le niveau associé à l’intensité de référence dans la convention utilisée.
Et maintenant ?
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