Suites géométriques
Comprendre les suites géométriques positives, convertir un taux, calculer un terme et rechercher un premier seuil.
Environ 45 minutes
- Modéliser un taux constant.
- Calculer un terme géométrique positif.
- Interpréter une variation et résoudre un seuil.
Une hausse de 10 % chaque année ajoute-t-elle toujours le même montant ?
Un taux d’évolution constant conduit à multiplier chaque valeur par un même coefficient. Ce mécanisme se distingue d’un ajout constant. Nous allons définir une suite géométrique à termes positifs, calculer directement un terme, comparer croissance et décroissance, puis rechercher un premier rang de franchissement. Les exemples financiers et les réserves étudiés sont des modèles fictifs destinés au raisonnement mathématique.
1. Traduire un pourcentage par un multiplicateur
Augmenter une quantité de 10 % revient à conserver toute la quantité et à ajouter un dixième de celle-ci. La valeur suivante vaut donc 1,10 fois la précédente. Diminuer de 20 % revient à en conserver 80 %, soit à multiplier par 0,80. Pour un taux t écrit sous forme décimale, le coefficient multiplicateur est q = 1 + t. Une baisse correspond à un taux négatif.
Une suite géométrique vérifie uₙ₊₁ = q × uₙ, où q est constant. On commence par écrire u(n), quantité au rang entier n, puis on utilise la notation uₙ. Ici, nous étudions des termes strictement positifs avec un premier terme positif et une raison q positive. Le rang doit décrire une durée ou un nombre d’étapes ; le terme représente la quantité, avec son unité.
Un capital fictif de cinq cents euros augmenté de 10 % par an produit les termes 500 ; 550 ; 605 ; 665,50. Les ajouts sont 50 ; 55 ; 60,50 euros : ils changent. Les quotients de deux termes consécutifs valent en revanche tous 1,10. Le caractère constant porte sur le rapport, et non sur la différence. Cette observation permet de choisir entre un modèle arithmétique et un modèle géométrique.
Exemple résolu
Un modèle de capital annonce cinq cents euros au départ et une hausse de 10 % après chaque année. Écrire la récurrence et calculer les trois premiers capitaux après le départ.
- Étape 1 : Définir n comme le nombre d’années écoulées : u₀ = 500.
- Étape 2 : Transformer le taux en coefficient : q = 1 + 0,10 = 1,10.
- Étape 3 : Écrire uₙ₊₁ = 1,10uₙ ; calculer u₁ = 550 et u₂ = 605.
- Étape 4 : Calculer u₃ = 1,10 × 605 = 665,50.
Résultat : Les trois capitaux suivants valent 550, 605 et 665,50 euros.
Piège à éviter : Ajouter cinquante euros chaque année utiliserait le gain initial comme s’il était constant.
À toi d'essayer
Une quantité diminue de 7 % à chaque étape. Quelle est la raison géométrique ? Que donnerait une hausse de 7 % ?
Voir la réponseMasquer la réponse
La baisse conserve 93 % de la quantité, donc q = 0,93. Pour une hausse de 7 %, q = 1,07. Le nombre 0,07 est le taux décimal, pas le coefficient multiplicateur.
2. Compter les multiplications
À partir du rang zéro, une étape multiplie par q, deux étapes par q², et n étapes par qⁿ. La formule explicite est donc uₙ = u₀qⁿ. Elle permet de calculer un terme sans construire tous les précédents. Une puissance ne multiplie pas q par n : elle répète le facteur q autant de fois que le demande l’exposant entier.
Si la suite commence au rang un, on écrit uₙ = u₁qⁿ⁻¹. Entre les rangs p et n, le nombre d’étapes vaut n − p, ce qui donne uₙ = uₚqⁿ⁻ᵖ. Pour éviter une erreur de notation, on peut écrire cette relation en mots : terme connu multiplié par raison élevée à la différence des rangs. Le raisonnement est le même que pour les ajouts constants, mais les opérations changent.
Exemple résolu
Une réserve fictive contient deux cents unités au départ et conserve 80 % de sa quantité à chaque étape. Calculer la quantité après quatre étapes.
- Étape 1 : La conservation de 80 % donne q = 0,8 et v₀ = 200.
- Étape 2 : Écrire vₙ = 200 × 0,8ⁿ.
- Étape 3 : Calculer 0,8² = 0,64 puis 0,8⁴ = 0,4096.
- Étape 4 : Multiplier : v₄ = 200 × 0,4096 = 81,92.
Résultat : Le modèle prévoit 81,92 unités après quatre étapes.
Piège à éviter : Soustraire quatre fois quarante unités confondrait baisse relative et retrait constant.
À toi d'essayer
Une suite géométrique positive vérifie u₁ = 12 et q = 1,5. Calculer u₄ en comptant les étapes.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Revenir en arrière revient à diviser par q à chaque étape, puisque q est positif et non nul. Une baisse de 20 % ne se compense donc pas par une hausse de 20 %. Pour retrouver la quantité initiale après multiplication par 0,8, il faut multiplier par 1/0,8 = 1,25, soit une hausse de 25 %. L’opération inverse est liée à l’inverse du coefficient, pas à l’opposé du taux.
3. Prévoir le sens de variation
Pour une suite à termes strictement positifs, uₙ₊₁ − uₙ = uₙ(q − 1). Le signe de cette différence dépend de q − 1. Si q > 1, la suite est strictement croissante. Si 0 < q < 1, elle est strictement décroissante. Si q = 1, elle est constante. La comparaison se fait donc avec un, et non avec zéro comme pour la raison arithmétique.
Les points d’une suite géométrique ne sont généralement pas alignés. En croissance, les ajouts absolus augmentent avec la quantité. En décroissance, les pertes absolues diminuent, car le même pourcentage s’applique à une base plus petite. Une baisse de 20 % sur deux cents retire quarante unités ; sur cent, elle en retire vingt. Le taux reste pourtant exactement le même.
Ce modèle doit être borné par le contexte. Une croissance de population ne conserve pas nécessairement un taux fixe pendant des décennies. Une réserve constituée d’objets indivisibles ne prend pas exactement toutes les valeurs décimales de la formule. Il faut préciser s’il s’agit d’une approximation et comment l’on traite les arrondis. Arrondir à chaque étape peut produire une autre suite que celle donnée par la formule explicite.
4. Trouver un premier rang par comparaison
Pour rechercher un seuil, commence par écrire la condition. La réserve vₙ = 200 × 0,8ⁿ devient inférieure à cent lorsque 0,8ⁿ < 0,5. On peut produire les termes successifs et s’arrêter au premier qui satisfait cette inégalité. Dans cette leçon, aucune formule utilisant les logarithmes n’est nécessaire. La monotonie justifie ensuite qu’il s’agit bien du premier franchissement.
Exemple résolu
À quel premier rang le capital uₙ = 500 × 1,1ⁿ dépasse-t-il mille euros ? On fournit 1,1⁷ ≈ 1,9487 et 1,1⁸ ≈ 2,1436.
- Étape 1 : Diviser l’inégalité par cinq cents : il faut 1,1ⁿ > 2.
- Étape 2 : Au rang sept, le capital est environ 974,35 euros, inférieur à mille.
- Étape 3 : Au rang huit, il est environ 1 071,80 euros, supérieur à mille.
- Étape 4 : Comme q = 1,1 > 1 et le capital initial est positif, les termes sont strictement croissants.
Résultat : Le premier dépassement intervient au rang huit, soit après huit années dans ce modèle. Les montants sont des approximations calculées à partir des puissances fournies.
Piège à éviter : Arrondir une valeur proche du seuil avant de la comparer pourrait modifier le rang retenu.
À toi d'essayer
Transfert inverse : une suite géométrique positive vérifie u₂ = 72 et u₅ = 243. Sachant que 1,5³ = 3,375, retrouve sa raison et son terme initial.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
5. Au bac : distinguer calcul exact et estimation
Au bac : exploiter une évolution à taux constant
- Identifier le taux, son signe et l’unité d’une période.
- Convertir le taux en raison positive q et fixer le rang initial.
- Écrire la formule explicite avec le bon nombre de multiplications.
- Pour un seuil, comparer deux rangs voisins et utiliser le sens de variation.
- Présenter une valeur exacte lorsque c’est possible et signaler les approximations fournies ou effectuées.
Pour un calcul sans calculatrice, on peut donner une puissance sous forme exacte, exploiter des valeurs intermédiaires fournies ou comparer des produits simples. Les outils numériques servent en apprentissage à explorer un graphique ou une longue liste de termes. Ils ne dispensent pas de comprendre le coefficient, l’exposant et l’unité. Un tableur doit conserver la raison dans une référence fixe lors de la recopie des formules.
Vocabulaire
- Suite géométrique :
- Suite obtenue en multipliant par une même raison à chaque étape.
- Coefficient multiplicateur :
- Nombre égal à un plus le taux décimal.
- Terme initial :
- Valeur connue au rang de départ annoncé.
- Seuil :
- Valeur de référence dont on recherche un premier franchissement.
Erreurs fréquentes : confondre taux et raison ; additionner les taux successifs ; employer n au lieu de n − 1 ; comparer q à zéro pour la variation ; annuler une baisse par la même hausse ; arrondir trop tôt.
Bilan
| Repère | Ce qu’il permet de comprendre |
|---|---|
| Règle | uₙ₊₁ = quₙ. |
| Accès direct | Depuis zéro, uₙ = u₀qⁿ. |
| Variation positive | Comparer q à un. |
| Seuil | La monotonie et deux rangs voisins justifient le premier passage. |
À retenir
- Un taux constant correspond à un multiplicateur constant.
- Pour des termes positifs, la variation dépend de q comparé à un.
- La formule explicite utilise le nombre de périodes écoulées.
- Un modèle exponentiel discret doit rester adapté à la situation.
Fiche de révision
Ajout fixe
cherche une différence. Taux fixe : cherche un quotient.
Une baisse de 20 % correspond à 0,8 ; son opération inverse correspond à 1,25.
Pour un seuil, conserve les calculs précis et vérifie que le terme précédent ne satisfait pas encore la condition.
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