Modèles quadratiques

Étudier un modèle quadratique par la symétrie de la parabole, les racines d’une forme factorisée et le signe des facteurs.

Environ 45 minutes

  • Relier une expression à une parabole.
  • Déterminer axe, sommet et variations.
  • Utiliser une forme factorisée pour les racines et le signe.
Sommaire
  1. 1. Construire une expression et son domaine
  2. 2. Déterminer un sommet et les variations
  3. 3. Lire les racines dans une forme factorisée
  4. 4. Adapter les conclusions et les écritures
  5. 5. Au bac : expliquer un modèle quadratique

Une grandeur peut-elle d’abord augmenter puis diminuer alors qu’une autre continue d’augmenter ?

Les modèles quadratiques permettent d’étudier ce type de dépendance. Leur expression contient un terme en x² et leur courbe est une parabole. Nous allons relier une situation géométrique à une fonction, rechercher un sommet à l’aide de la symétrie, puis lire les racines et le signe d’une expression factorisée. Le domaine où le modèle a un sens fera partie de chaque réponse.

1. Construire une expression et son domaine

Une fonction polynôme de degré deux s’écrit f(x) = ax² + bx + c, avec a non nul. Le terme ax² explique le mot quadratique. Les coefficients peuvent prendre des signes différents. Une expression comme 3x + 5 reste affine, car elle ne comporte aucun terme de degré deux. Une même fonction peut posséder plusieurs écritures, chacune rendant certains éléments plus visibles.

Considérons un rectangle dont le périmètre est fixé à vingt-quatre mètres. Si une longueur vaut x, l’autre vaut 12 − x, puisque la somme de deux côtés voisins vaut douze. Son aire est A(x) = x(12 − x) = −x² + 12x. Pour un rectangle non aplati, x doit être strictement compris entre zéro et douze. On peut inclure les extrémités pour représenter les configurations limites d’aire nulle.

Le domaine ne se déduit pas seulement de la possibilité de calculer la formule. Mathématiquement, −x² + 12x se calcule pour tout réel. Dans le problème, x égal à quinze donnerait une autre longueur négative, ce qui n’a pas de sens. Les conclusions d’optimisation doivent donc porter sur l’intervalle physique annoncé, ici de zéro à douze pour la représentation avec cas limites.

Les longueurs trois et neuf donnent la même aire. La symétrie place le maximum au milieu, en six.

Exemple résolu

Pour le rectangle de périmètre vingt-quatre mètres, comparer les aires obtenues pour x égal à trois, six et neuf.

  1. Étape 1 : Calculer A(3) = 3 × (12 − 3) = 27 mètres carrés.
  2. Étape 2 : Calculer A(6) = 6 × (12 − 6) = 36 mètres carrés.
  3. Étape 3 : Calculer A(9) = 9 × (12 − 9) = 27 mètres carrés.
  4. Étape 4 : Interpréter : les rectangles de côtés trois et neuf sont identiques après échange des dimensions.

Résultat : Les aires valent 27, 36 et 27 mètres carrés. L’égalité pour trois et neuf suggère un axe de symétrie au milieu, mais la comparaison de trois valeurs ne suffit pas seule à prouver le maximum.

Piège à éviter : Conclure à un maximum global après avoir testé seulement trois valeurs ne serait pas une justification suffisante.

À toi d'essayer

Une expression d’aire vaut x(10 − x). Quel domaine correspond aux rectangles non aplatis ? Quelle aire obtient-on pour x = 4 ?

Voir la réponse

Il faut x > 0 et 10 − x > 0, donc 0 < x < 10. L’aire pour x = 4 vaut 4 × 6 = 24 unités carrées. L’intervalle fermé de zéro à dix inclurait seulement en plus les deux cas limites aplatis.

2. Déterminer un sommet et les variations

Une parabole possède un axe de symétrie vertical. Deux points de même ordonnée situés de part et d’autre de cet axe ont des abscisses dont le milieu donne la position de l’axe. Dans le modèle d’aire, les racines sont zéro et douze ; leur milieu vaut six. Le sommet se situe donc à l’abscisse six et son ordonnée vaut A(6) = 36.

On peut vérifier la nature du sommet sans dérivation. L’identité A(x) = 36 − (x − 6)² montre que A(x) ne dépasse jamais trente-six, car un carré est positif ou nul. L’égalité est obtenue lorsque x = 6. La courbe monte jusqu’au sommet puis redescend. Sur l’intervalle étudié, A est croissante de zéro à six et décroissante de six à douze.

Pour f(x) = ax², l’axe est x = 0 et le sommet est l’origine. Ajouter c déplace verticalement la courbe : ax² + c a pour sommet (0 ; c). Lorsque a est positif, la parabole s’ouvre vers le haut et le sommet est un minimum. Lorsque a est négatif, elle s’ouvre vers le bas et le sommet est un maximum. Ces repères aident à contrôler une représentation.

Exemple résolu

Pour f(x) = x² − 4x + 1, retrouver l’axe de symétrie à partir de l’équation f(x) = 1, puis calculer le sommet.

  1. Étape 1 : Résoudre x² − 4x + 1 = 1, soit x² − 4x = 0.
  2. Étape 2 : Factoriser : x(x − 4) = 0. Les deux abscisses de même ordonnée sont zéro et quatre.
  3. Étape 3 : Leur milieu est deux, donc l’axe de symétrie est x = 2.
  4. Étape 4 : Calculer f(2) = 4 − 8 + 1 = −3 ; le coefficient de x² est positif.

Résultat : Le sommet est S(2 ; −3), minimum de la fonction. Elle décroît jusqu’à deux puis croît après deux.

Piège à éviter : Prendre l’ordonnée un comme sommet confondrait une valeur de référence avec l’extrémum.

À toi d'essayer

On lit deux points d’une parabole d’abscisses un et sept ayant la même ordonnée. Si elle s’ouvre vers le bas, où est l’axe et quelle est la nature du sommet ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

3. Lire les racines dans une forme factorisée

Une racine est une valeur de x pour laquelle f(x) = 0. Pour f(x) = a(x − r)(x − s), avec a non nul, les racines sont r et s. Cette conclusion utilise la propriété du produit nul. Il est inutile de développer pour les trouver : la forme factorisée expose directement les deux facteurs qui peuvent s’annuler.

Pour g(x) = (x − 2)(x − 6), les racines sont deux et six. Leur milieu vaut quatre ; g(4) = −4. La parabole s’ouvre vers le haut, descend jusqu’à ce minimum puis remonte. On peut contrôler la symétrie par g(3) = −3 et g(5) = −3. Les racines ne sont pas les coordonnées du sommet : elles servent ici à en déterminer l’abscisse.

Entre les racines deux et six, les ordonnées sont négatives. De part et d’autre, elles sont positives.

Exemple résolu

Étudier le signe de g(x) = (x − 2)(x − 6), puis résoudre g(x) ≤ 0.

  1. Étape 1 : Pour x < 2, les deux facteurs sont négatifs ; leur produit est positif.
  2. Étape 2 : Pour 2 < x < 6, le premier facteur est positif et le second négatif ; le produit est négatif.
  3. Étape 3 : Pour x > 6, les deux facteurs sont positifs ; le produit est positif.
  4. Étape 4 : Aux valeurs deux et six, un facteur est nul et le produit vaut zéro.

Résultat : L’inégalité g(x) ≤ 0 est satisfaite sur l’intervalle fermé de deux à six.

Piège à éviter : Oublier le signe de l’un des facteurs ou inclure les racines dans une inégalité stricte changerait la solution.

4. Adapter les conclusions et les écritures

Si l’on multiplie l’expression précédente par un coefficient négatif, les racines restent identiques mais tous les signes non nuls s’inversent. Par exemple, −2(x − 2)(x − 6) est positif entre les racines et négatif à l’extérieur. Le coefficient placé devant les facteurs compte donc autant que les deux facteurs. Un tableau de signes doit le prendre en compte.

Une racine double peut apparaître dans h(x) = 3(x − 2)². Le carré ne prend jamais de valeur négative, donc h reste positive sauf en deux où elle s’annule. La courbe touche l’axe horizontal sans le traverser. Cela montre pourquoi la règle changer de signe à chaque racine demande une vérification : un facteur répété ne se comporte pas comme un facteur simple.

À toi d'essayer

Transfert : on donne l’identité x(12 − x) − 27 = −(x − 3)(x − 9). Quelles longueurs du rectangle produisent une aire au moins égale à vingt-sept ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Pour choisir une écriture, regarde la question. La forme développée aide à identifier le degré et les coefficients. La forme factorisée aide à trouver les zéros et le signe. Une écriture avec un carré aide à comparer à une valeur extrême. Passer d’une forme à l’autre demande de vérifier l’identité par développement, afin de ne pas étudier accidentellement une fonction différente.

5. Au bac : expliquer un modèle quadratique

Au bac : exploiter une parabole et ses facteurs

  1. Définir la variable, l’unité de la grandeur et le domaine du contexte.
  2. Identifier l’ouverture de la parabole par le signe du coefficient de x².
  3. Trouver l’axe par la symétrie de deux points de même ordonnée, puis calculer le sommet.
  4. Si une forme factorisée est donnée, lire les racines et étudier chaque facteur.
  5. Restreindre les solutions au domaine du problème et rédiger leur sens.

Dans ce parcours de mathématiques communes, le calcul de racines par discriminant n’est pas nécessaire. Les expressions proposées et la symétrie fournissent les outils adaptés. Une lecture graphique donne une estimation ; une factorisation ou une identité exacte peut fournir une justification. Pour conclure à une valeur précise, indique clairement quel type de preuve tu emploies.

Vocabulaire

Parabole :
Courbe représentative d’une fonction polynôme de degré deux.
Sommet :
Point situé sur l’axe de symétrie où la fonction atteint son extrémum.
Racine :
Valeur de la variable qui annule la fonction.
Forme factorisée :
Écriture comme produit d’un coefficient et de facteurs.
Attention :

Erreurs fréquentes : confondre racines et sommet ; oublier le domaine ; croire qu’une parabole est toujours croissante ; ignorer le coefficient extérieur ; appliquer un changement de signe à une racine double sans vérifier.

Bilan

RepèreCe qu’il permet de comprendre
CourbeLe signe du coefficient quadratique donne l’ouverture.
SymétrieLe milieu de deux abscisses de même ordonnée donne l’axe.
Produit nulLes facteurs permettent de lire les racines.
SigneÉtudier les facteurs et le coefficient extérieur.

À retenir

  • Un modèle quadratique comporte un terme non nul en x².
  • Le sommet se calcule à l’aide de la symétrie et d’une valeur de la fonction.
  • La forme factorisée permet de trouver racines et signe.
  • Les solutions mathématiques doivent être confrontées au domaine concret.

Fiche de révision

Pour optimiser une aire, commence par écrire les dimensions et leurs conditions de positivité.

Repère deux valeurs donnant la même image, prends leur milieu et calcule l’image de ce milieu.

Pour résoudre un seuil, ramène la comparaison à un signe et conserve les bornes seulement si l’inégalité accepte l’égalité.

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