Second degré et racines

Comment trouver tous les nombres qui annulent un polynôme du second degré ?

Environ 35 minutes

  • Reconnaître un polynôme du second degré
  • Choisir entre factorisation directe et discriminant
  • Expliquer les trois cas de résolution dans les réels
  • Retrouver une expression à partir de ses racines
Sommaire
  1. 1. Racine, équation et représentation
  2. 2. Chercher d’abord une factorisation simple
  3. 3. Comprendre et employer le discriminant
  4. 4. Reconstruire et rédiger

Comment trouver tous les nombres qui annulent un polynôme du second degré ?

Une équation quadratique peut avoir deux solutions réelles, une seule, ou aucune. Un graphique permet de prévoir ces situations ; une factorisation ou un calcul exact permet de les justifier. Tu vas apprendre à choisir une stratégie avant d’appliquer une formule. Pour commencer, il faut savoir développer un produit, calculer un carré et résoudre une équation du premier degré.

1. Racine, équation et représentation

Une fonction polynôme du second degré s’écrit f(x) = ax² + bx + c, avec a, b et c réels et a ≠ 0. Les trois coefficients se lisent dans l’expression développée et réduite. Dans 2x² − 3x − 5, ils valent 2, −3 et −5. Le signe fait partie du coefficient. Dans x² − 4, le coefficient de x vaut zéro ; le coefficient de x² vaut un, même s’il n’est pas écrit.

Une racine réelle de f est un nombre r tel que f(r) = 0. Chercher les racines revient donc à résoudre l’équation f(x) = 0 dans ℝ. On distingue la fonction, qui associe une image à chaque réel, et l’équation, qui demande quelles abscisses ont pour image zéro. Remplacer x par une valeur supposée solution permet de contrôler cette valeur, mais ne prouve pas que toutes les solutions ont été trouvées.

La parabole coupe l’axe horizontal en −1 et 3. Le sommet se situe en (1 ; −4).

La figure montre deux racines. Sur la courbe représentative, une racine correspond à un point d’ordonnée zéro. Il faut lire son abscisse sur l’axe horizontal. Un dessin peut suggérer des valeurs entières, mais sa précision ne remplace pas une démonstration algébrique. Si la fenêtre graphique est trop étroite, une intersection peut même rester invisible.

Vocabulaire

Racine :
Nombre réel dont l’image par la fonction vaut zéro.
Coefficient dominant :
Coefficient a du terme de degré deux, qui doit être non nul.
Factoriser :
Écrire une expression comme un produit de facteurs.
Racine double :
Unique racine réelle lorsque le polynôme s’écrit a(x − r)².

À toi d'essayer

Pour f(x) = 3x² − 2x − 1, le nombre 1 est-il une racine ? Justifie sans chercher les autres racines.

Voir la réponse

Oui : f(1) = 3 − 2 − 1 = 0. Ce contrôle établit que 1 est une racine, sans donner à lui seul l’ensemble des racines.

2. Chercher d’abord une factorisation simple

Si f(x) = a(x − r)(x − s), l’équation f(x) = 0 équivaut à x − r = 0 ou x − s = 0, car a est non nul. C’est la règle du produit nul. Lorsque r et s sont distincts, les racines sont exactement r et s. Lorsque r = s, l’écriture devient a(x − r)² et une seule valeur réelle annule le produit.

Avant de calculer le discriminant, observe l’expression. Si c = 0, on peut mettre x en facteur. Si b = 0, une différence de deux carrés peut apparaître. Pour x² − 9, on reconnaît (x − 3)(x + 3), donc les racines sont −3 et 3. Pour x² + 9, aucun réel ne convient, puisque le carré d’un réel est positif ou nul. Des expressions proches exigent donc des raisonnements différents.

Dans la forme x² − sx + p, deux racines r et t doivent vérifier r + t = s et rt = p. Cela vient du développement (x − r)(x − t) = x² − (r + t)x + rt. Ce lien sert à repérer rapidement des racines entières. Il faut ensuite développer la factorisation proposée pour la vérifier. Une intuition de calcul mental devient ainsi une égalité démontrée.

Exemple résolu

Résoudre x² − 5x + 6 = 0 dans ℝ.

  1. Étape 1 : Le coefficient dominant vaut 1. Chercher deux nombres dont la somme vaut 5 et le produit 6.
  2. Étape 2 : Les nombres 2 et 3 conviennent. Développer (x − 2)(x − 3) donne bien x² − 5x + 6.
  3. Étape 3 : Appliquer le produit nul : x − 2 = 0 ou x − 3 = 0.

Résultat : L’ensemble des solutions est {2 ; 3}.

Piège à éviter : Chercher une somme de −5 donne les signes inverses, car le coefficient de x est l’opposé de la somme des racines.

Quand a n’est pas égal à un, la somme des racines vaut −b/a et leur produit vaut c/a, si les racines existent. Le facteur a ne disparaît pas de la factorisation. Par exemple, un polynôme de coefficient dominant 2 et de racines 1 et 4 est 2(x − 1)(x − 4). Le même produit sans le 2 possède les mêmes racines, mais définit une autre fonction.

3. Comprendre et employer le discriminant

Le discriminant est Δ = b² − 4ac. Ce nombre dépend des coefficients et permet de décider combien de racines réelles existent. Il ne s’agit pas d’une racine du polynôme. Pour comprendre son rôle, on peut transformer l’équation ax² + bx + c = 0. En multipliant par 4a, nombre non nul, puis en complétant le carré, on obtient l’équation équivalente (2ax + b)² = b² − 4ac = Δ.

Cette égalité explique les trois cas. Si Δ < 0, aucun carré réel ne peut lui être égal, donc il n’y a aucune solution réelle. Si Δ = 0, le carré est nul et 2ax + b = 0, d’où x = −b/(2a). Si Δ > 0, on a 2ax + b = √Δ ou 2ax + b = −√Δ. Les solutions sont alors (−b − √Δ)/(2a) et (−b + √Δ)/(2a).

Les parenthèses du dénominateur sont indispensables : on divise tout le numérateur par 2a. Quand a < 0, la formule avec le signe moins devant la racine carrée ne donne pas forcément la plus petite solution. Si l’ordre est utile, compare les valeurs obtenues. Lorsque Δ n’est pas un carré parfait, conserve une écriture exacte avec √Δ avant de chercher une approximation.

La parabole touche l’axe horizontal en 1, où le carré s’annule. Cette racine est double.

Pour g(x) = x² − 2x + 1, on obtient Δ = 4 − 4 = 0. La forme (x − 1)² explique la racine double. Sur la figure, la courbe touche l’axe au lieu de le traverser. Le mot double décrit la répétition du facteur x − 1 ; il ne signifie pas qu’il faudrait écrire deux fois le nombre 1 dans l’ensemble des solutions.

Le minimum vaut 1. La parabole reste au-dessus de l’axe horizontal et n’a aucune racine réelle.

Pour h(x) = x² − 2x + 2, le discriminant vaut 4 − 8 = −4. La forme (x − 1)² + 1 confirme que l’image est toujours au moins égale à un. La figure montre cette absence d’intersection. L’absence de racine réelle n’empêche donc pas une fonction d’être définie pour tous les réels.

Exemple résolu

Résoudre 2x² − 3x − 5 = 0 et donner une factorisation.

  1. Étape 1 : Identifier a = 2, b = −3 et c = −5.
  2. Étape 2 : Calculer Δ = (−3)² − 4 × 2 × (−5) = 9 + 40 = 49, donc √Δ = 7.
  3. Étape 3 : Calculer (3 − 7)/4 = −1 et (3 + 7)/4 = 5/2.
  4. Étape 4 : Conserver le coefficient dominant dans la factorisation : 2(x + 1)(x − 5/2).

Résultat : Les racines sont −1 et 5/2. On peut aussi écrire f(x) = (x + 1)(2x − 5).

Piège à éviter : Écrire b² = −9 serait faux, car b = −3 et son carré vaut (−3)² = 9.

À toi d'essayer

Résous −2x² + 8x − 8 = 0 et explique pourquoi l’équation n’a qu’une solution réelle.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Reconstruire et rédiger

Exemple résolu

Un polynôme du second degré a pour racines −2 et 3 et vérifie f(0) = 12. Déterminer son expression.

  1. Étape 1 : Les deux racines distinctes imposent la forme f(x) = a(x + 2)(x − 3), avec a ≠ 0.
  2. Étape 2 : Pour x = 0, on obtient f(0) = a × 2 × (−3) = −6a.
  3. Étape 3 : Résoudre −6a = 12 donne a = −2. Développer seulement après avoir trouvé ce coefficient.

Résultat : f(x) = −2(x + 2)(x − 3) = −2x² + 2x + 12.

Piège à éviter : Les racines seules ne fixent pas le coefficient dominant ; la valeur f(0) fournit l’information supplémentaire nécessaire.

Au bac : résoudre une équation du second degré

  1. Ramener tous les termes dans un seul membre et vérifier que le coefficient de x² est non nul.
  2. Choisir la forme la plus utile : produit nul, identité remarquable, somme et produit, ou discriminant.
  3. Justifier le nombre de solutions réelles avant de donner leurs valeurs exactes.
  4. Contrôler les substitutions et écrire l’ensemble des solutions. Dans un problème concret, écarter ensuite les valeurs incompatibles avec le domaine.

Une longueur doit être positive ; un instant peut être limité à un intervalle ; un nombre d’objets doit être entier. Les racines algébriques ne sont donc pas toujours toutes admissibles dans une situation. On résout d’abord l’équation mathématique, puis on revient aux contraintes du problème. Cette dernière phrase de conclusion fait partie du raisonnement, même lorsque les calculs sont corrects.

À toi d'essayer

Un élève affirme que les seules racines −1 et 2 permettent de connaître exactement f(3). Peux-tu réfuter cette affirmation avec deux polynômes ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Attention :

Erreurs fréquentes : confondre Δ avec une solution ; oublier le signe de b ou c ; omettre le facteur a ; annoncer deux solutions distinctes lorsque Δ = 0 ; arrondir trop tôt une racine exacte. Chaque fois, revenir à l’expression initiale et vérifier par substitution.

Choisir son outil

SituationDémarche
Produit déjà visibleAppliquer le produit nul.
Somme et produit reconnaissablesProposer puis développer une factorisation.
Expression généraleCalculer Δ et distinguer ses trois signes.
Racines imposéesÉcrire a(x − r)(x − s), puis déterminer a avec une autre donnée.

À retenir

  • Une racine est une abscisse dont l’image vaut zéro.
  • Le discriminant indique le nombre de racines réelles.
  • Le coefficient dominant reste présent dans la forme factorisée.

Fiche de révision

Réflexe de départ

réduire l’expression, puis chercher un produit simple avant les formules.

Calcul sûr

noter a, b, c avec leurs signes ; calculer b² − 4ac en gardant les parenthèses.

Décision

Δ négatif donne zéro solution réelle, nul une valeur, positif deux valeurs distinctes.

Contrôle rapide

pour 2x² − 3x − 5, la somme −1 + 5/2 vaut 3/2 et le produit vaut −5/2.

Problème inverse

deux racines fournissent les facteurs ; une image supplémentaire fixe leur multiplicateur.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser le discriminant quand a = 0 ?

Non. L’expression n’est plus du second degré et l’équation se résout selon son degré réel.

Comment vérifier une factorisation ?

Développe le produit et compare les trois coefficients avec l’expression initiale.

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