Suites arithmétiques

Que devient une quantité quand on ajoute toujours le même nombre ?

Environ 35 minutes

  • Reconnaître et modéliser une variation additive constante
  • Exprimer un terme à partir de n’importe quel rang
  • Calculer une somme de termes consécutifs
  • Justifier le premier rang où un seuil est atteint
Sommaire
  1. 1. Une différence constante
  2. 2. Passer au terme général et aux variations
  3. 3. Additionner des termes sans les calculer tous
  4. 4. Seuils, choix du modèle et rédaction

Que devient une quantité quand on ajoute toujours le même nombre ?

Une économie régulière ou un motif qui gagne le même nombre de carreaux à chaque étape se décrit par une suite arithmétique. Sa régularité est additive. Cette leçon explique comment passer de la règle de passage au terme général, calculer une somme et déterminer un premier rang de dépassement. Tu dois déjà distinguer rang et terme et savoir résoudre une équation ou une inéquation du premier degré.

1. Une différence constante

Une suite (uₙ) est arithmétique lorsqu’il existe un réel r tel que uₙ₊₁ = uₙ + r pour tout rang concerné. Le nombre r s’appelle la raison. Il peut être positif, nul ou négatif. La propriété porte sur tous les rangs, pas seulement sur les premières valeurs observées. Pour vérifier une définition algébrique, on calcule uₙ₊₁ − uₙ et l’on cherche si cette différence est indépendante de n.

À chaque pas horizontal d’un rang, l’ordonnée augmente de 3. Les points sont alignés, mais seuls les rangs entiers appartiennent à la suite.

Dans la figure, la raison vaut 3. Le passage de 4 à 7 ajoute 3, comme celui de 16 à 19. Les points sont alignés car uₙ est une expression affine du rang. La suite représente toutefois des valeurs à temps discret : le terme de rang 2,5 n’est pas défini. Le lien avec une droite aide à comprendre la régularité, sans changer le domaine des rangs.

Attention au vocabulaire : ajouter un montant fixe et augmenter d’un pourcentage fixe sont deux mécanismes différents. Ajouter 20 euros chaque mois correspond à une différence constante. Ajouter 20 % du montant présent produit une différence qui dépend de ce montant. Dans un modèle, on doit donc lire précisément ce qui reste constant : un écart ou un taux.

Vocabulaire

Raison arithmétique :
Nombre constant ajouté pour passer d’un terme au suivant.
Termes consécutifs :
Termes dont les rangs se suivent sans interruption.
Terme général :
Expression de uₙ en fonction du rang n.
Seuil :
Valeur à atteindre ou à dépasser ; la comparaison doit être précisée.

À toi d'essayer

La suite est définie par uₙ = 7 − 4n. Est-elle arithmétique ? Donne sa raison et son premier terme au rang 0.

Voir la réponse

uₙ₊₁ − uₙ = [7 − 4(n + 1)] − (7 − 4n) = −4. La suite est donc arithmétique de raison −4 et u₀ = 7.

2. Passer au terme général et aux variations

Si le premier terme est u₀, on obtient u₁ = u₀ + r, u₂ = u₀ + 2r, puis uₙ = u₀ + nr. Entre les rangs 0 et n, il y a n passages, donc n ajouts de la raison. Si la suite commence au rang 1, la formule devient uₙ = u₁ + (n − 1)r. Il faut compter les passages et non les termes.

Plus généralement, pour deux rangs p et n, on a uₙ = uₚ + (n − p)r. Cette formule reste valable quand n < p : le nombre n − p est alors négatif et permet de remonter vers un terme antérieur, si ce rang appartient au domaine. Elle évite de chercher artificiellement un terme initial lorsqu’une autre valeur est déjà connue.

Exemple résolu

Une suite arithmétique vérifie u₃ = 11 et u₈ = 26. Trouver sa raison puis u₀.

  1. Étape 1 : Entre les rangs 3 et 8, il y a 5 passages. Donc u₈ − u₃ = 5r.
  2. Étape 2 : On obtient 26 − 11 = 15 = 5r, d’où r = 3.
  3. Étape 3 : Pour remonter au rang 0 : u₀ = u₃ + (0 − 3)r = 11 − 9 = 2.

Résultat : La raison vaut 3 et le terme général est uₙ = 2 + 3n pour n ≥ 0.

Piège à éviter : Diviser l’écart des valeurs par 8 au lieu de 8 − 3 confond le rang final et le nombre de passages.

Le sens de variation découle directement de uₙ₊₁ − uₙ = r. Si r > 0, chaque terme est strictement plus grand que le précédent : la suite est strictement croissante. Si r < 0, elle est strictement décroissante. Si r = 0, elle est constante. Cette justification vaut pour tous les rangs et ne dépend pas du signe du premier terme.

Chaque étape retire 2. Les termes décroissent de 18 à 6 entre les rangs 0 et 6.

La figure donne un exemple de raison négative. Les valeurs restent positives sur les rangs dessinés, tout en décroissant. Si l’on prolonge mathématiquement la formule, elles peuvent devenir négatives. Pour une quantité physique comme un stock, il faut vérifier si le modèle reste alors pertinent. Une suite est un outil de modélisation ; son domaine peut être limité par le sens concret de la situation.

Sur des exemples, on peut aussi anticiper le comportement lointain : une raison positive entraîne une croissance sans borne lorsque les rangs augmentent indéfiniment. Une raison négative entraîne des valeurs de plus en plus négatives. Cette observation ne nécessite pas ici de calcul formel de limite. Elle aide notamment à prévoir si un seuil supérieur pourra être atteint.

3. Additionner des termes sans les calculer tous

Pour une suite arithmétique, les termes situés à égale distance des extrémités ont la même somme. Pour additionner uₚ + uₚ₊₁ + … + uₙ, on écrit une seconde fois la somme dans l’ordre inverse. Chaque colonne donne uₚ + uₙ. Comme il y a n − p + 1 termes, le double de la somme vaut (n − p + 1)(uₚ + uₙ).

On en déduit S = (n − p + 1)(uₚ + uₙ)/2. La méthode se retient comme le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier. La moyenne des extrémités ne suffit pas seule : elle doit être multipliée par le nombre de valeurs additionnées. Les termes doivent être consécutifs dans la portion de suite considérée.

Pour les entiers de 1 à n, cette propriété donne 1 + 2 + … + n = n(n + 1)/2. Le résultat se démontre avec le même appariement : 1 + n, 2 + (n − 1), et ainsi de suite. Le double de la somme contient n fois n + 1. Cette démonstration fonctionne aussi lorsque le nombre de termes est impair, car l’écriture dans les deux sens compte correctement le terme central.

Exemple résolu

La suite est uₙ = 4 + 3n pour n ≥ 0. Calculer S = u₀ + u₁ + … + u₉.

  1. Étape 1 : La portion comprend 9 − 0 + 1 = 10 termes.
  2. Étape 2 : Le premier terme vaut 4 et le dernier u₉ = 4 + 27 = 31.
  3. Étape 3 : Appliquer la formule : S = 10 × (4 + 31)/2 = 175.

Résultat : La somme des dix termes vaut 175.

Piège à éviter : Prendre neuf termes oublie que la somme commence au rang zéro et inclut ses deux extrémités.

À toi d'essayer

Pour une suite arithmétique, on sait que u₅ = 12 et u₁₁ = 30. Quelle est la somme des termes de u₅ à u₁₁ inclus ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Seuils, choix du modèle et rédaction

Exemple résolu

Une cagnotte contient 120 euros au départ. On ajoute 35 euros à chaque semaine écoulée, sans retrait ni intérêt. Après combien de semaines son montant dépasse-t-il strictement 400 euros ?

  1. Étape 1 : Noter Cₙ le montant après n semaines. On a C₀ = 120 et Cₙ = 120 + 35n.
  2. Étape 2 : Résoudre 120 + 35n > 400 : 35n > 280, donc n > 8.
  3. Étape 3 : Le rang doit être entier. Vérifier C₈ = 400 et C₉ = 435.

Résultat : Le premier dépassement strict se produit après 9 semaines.

Piège à éviter : Répondre 8 semaines serait correct pour atteindre au moins 400 euros, mais pas pour les dépasser strictement.

La formulation du seuil décide du résultat aux bornes. Pour « atteindre au moins », on écrit ≥. Pour « dépasser », on écrit >. Après résolution réelle de l’inéquation, on choisit le premier entier admissible. On vérifie ensuite ce rang et le précédent : le premier doit satisfaire la condition, le précédent ne doit pas la satisfaire. La suite étant croissante, cette double vérification prouve le caractère minimal de la réponse.

On peut aussi rechercher un seuil par répétition : partir du montant initial, augmenter le rang et ajouter la raison tant que la condition demandée n’est pas satisfaite. Il faut vérifier au préalable que la suite se déplace dans la bonne direction. Une suite décroissante qui part sous un seuil supérieur ne le dépassera jamais ; une répétition sans cette vérification pourrait se poursuivre indéfiniment.

Au bac : organiser une résolution avec une suite arithmétique

  1. Définir le terme et le rang dans la situation, puis justifier l’écart constant.
  2. Écrire la raison avec son signe et la valeur connue au bon rang.
  3. Choisir le terme général pour une valeur isolée, ou la formule de somme pour un cumul.
  4. Pour un seuil, résoudre la comparaison puis choisir le premier rang entier convenable.
  5. Conclure avec l’unité et vérifier la cohérence du résultat dans le contexte.

À toi d'essayer

Une suite arithmétique vérifie u₂ + u₈ = 40. Sans connaître sa raison, peux-tu déterminer u₅ puis la somme de u₂ à u₈ ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Attention :

Erreurs fréquentes : prendre n ajouts depuis u₁ ; confondre somme et dernier terme ; oublier une extrémité dans le comptage ; utiliser une hausse en pourcentage comme raison additive ; arrondir un rang sans vérifier la comparaison. Écris la liste des premiers rangs en cas de doute.

Choisir son outil

SituationDémarche
Terme isoléuₙ = uₚ + (n − p)r.
VariationÉtudier le signe de r.
Somme de uₚ à uₙ(n − p + 1)(uₚ + uₙ)/2.
Premier seuilRésoudre, choisir un entier, contrôler ce rang et le précédent.

À retenir

  • Une suite arithmétique a une différence constante entre deux termes successifs.
  • Pour une suite arithmétique de raison r, uₙ = uₚ + (n − p)r.
  • La somme de uₚ à uₙ inclus vaut (n − p + 1)(uₚ + uₙ)/2.

Fiche de révision

Question de reconnaissance

la quantité ajoutée reste-t-elle identique à chaque étape ?

Du rang p au rang n

effectuer n − p ajouts de r.

Pour additionner, compter les deux extrémités : de 0 à 9, dix valeurs.

Modèle de contrôle

1 + 2 + … + n se transforme en n(n + 1)/2.

Seuil

comparer le rang retenu et celui juste avant pour justifier qu’il est le premier.

Questions fréquentes

Une raison peut-elle être négative ?

Oui. Elle décrit alors un retrait constant et la suite est strictement décroissante.

Le signe des termes décide-t-il de la variation ?

Non. C’est la raison qui décide ; des termes négatifs peuvent augmenter et des termes positifs peuvent diminuer.

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