Calculer une dérivée
Comment calculer les pentes d’une courbe pour toutes ses abscisses ?
Environ 35 minutes
- Distinguer fonction et fonction dérivée
- Utiliser les dérivées des fonctions de référence
- Dériver une somme, un produit, un inverse et un quotient
- Préciser les intervalles de validité des calculs
Comment calculer les pentes d’une courbe pour toutes ses abscisses ?
Le nombre dérivé décrit une pente en un point. La fonction dérivée rassemble ces nombres lorsque la fonction est dérivable sur un intervalle. Des formules de référence et des règles de calcul permettent de la déterminer sans recommencer un calcul de taux à chaque abscisse. Tu vas apprendre à identifier une structure, respecter les domaines et vérifier la cohérence d’une expression dérivée.
1. Ce que représente la dérivée
Si f est dérivable en chaque point d’un intervalle I, sa fonction dérivée f’ associe à chaque x de I le nombre dérivé f’(x). La valeur f(x) est une ordonnée de la courbe de f ; la valeur f’(x) est une pente de tangente à cette courbe. Elles n’ont donc pas le même sens, même si l’on peut représenter chacune par un graphique.
Les deux figures concernent la même fonction et sa dérivée. Pour f(x) = x³ − 3x, les tangentes horizontales aux abscisses −1 et 1 correspondent aux zéros de f’. Les ordonnées de f en ces points sont 2 et −2, tandis que celles de f’ sont nulles. Lire une pente sur le graphique de la dérivée donnerait encore une autre information : ce n’est pas ce que l’on cherche ici.
Vocabulaire
- Fonction dérivable sur I :
- Fonction possédant un nombre dérivé en chaque point de l’intervalle I.
- Fonction dérivée :
- Fonction qui associe à x la pente de la tangente à la courbe initiale en x.
- Domaine de dérivabilité :
- Ensemble des points où le nombre dérivé existe et est fini.
- Structure d’une expression :
- Organisation en somme, produit, quotient ou autre opération, qui détermine la règle à utiliser.
Le domaine de définition se vérifie avant le calcul. Une fraction impose un dénominateur non nul ; une racine carrée impose un radicand positif ou nul. Le domaine de dérivabilité peut être plus petit. Par exemple, √x est définie pour x ≥ 0, mais sa dérivée usuelle n’existe que pour x > 0. Écrire seulement une formule sans ses conditions peut donc donner une réponse incomplète.
2. Dérivées de référence et sommes
Une fonction constante f(x) = c a pour dérivée zéro : ses images ne varient pas. Pour une fonction affine f(x) = ax + b, la dérivée vaut a, la pente constante de la droite. La fonction carré a pour dérivée 2x ; la fonction cube a pour dérivée 3x². Plus généralement, pour un entier n, la dérivée de xⁿ est nxⁿ⁻¹ sur les intervalles où la fonction et cette expression sont définies.
Pour un entier positif, on utilise cette règle sur ℝ. L’exposant zéro correspond à une fonction constante, de dérivée nulle. Pour un exposant entier négatif, il faut exclure zéro. En particulier, la fonction inverse 1/x a pour dérivée −1/x² sur ]−∞ ; 0[ et sur ]0 ; +∞[. On ne peut pas traverser zéro en affirmant qu’elle est dérivable sur tout ℝ.
Pour justifier la dérivée de l’inverse en un réel x non nul, on prend h ≠ 0 assez petit pour que x + h ≠ 0. Le taux de variation vaut [1/(x + h) − 1/x]/h = −1/[x(x + h)]. Quand h se rapproche de zéro, ce quotient tend vers −1/x². On retrouve donc la formule annoncée sur chacun des deux intervalles qui excluent zéro.
La racine carrée a pour dérivée 1/(2√x) pour x > 0. En zéro, le taux de variation à droite vaut √h/h = 1/√h pour h > 0. Il devient arbitrairement grand quand h se rapproche de zéro : aucune limite réelle finie n’existe. Cette démonstration explique l’exclusion de zéro, même si la fonction elle-même y possède la valeur zéro.
Si u et v sont dérivables sur un intervalle, la dérivée de u + v est u’ + v’. Pour un réel constant k, la dérivée de ku est ku’. On peut ainsi dériver un polynôme terme par terme. Les constantes multiplicatives restent en place ; les constantes additives disparaissent. Soustraire correspond à ajouter l’opposé, donc la règle vaut aussi pour une différence.
Exemple résolu
Calculer la dérivée de f(x) = 4x³ − 5x² + 7x − 9.
- Étape 1 : Le polynôme est dérivable sur ℝ. On dérive chaque terme séparément.
- Étape 2 : La dérivée de 4x³ est 12x² ; celle de −5x² est −10x.
- Étape 3 : La dérivée de 7x vaut 7 et celle de −9 vaut zéro. Regrouper les résultats.
Résultat : Pour tout réel x, f’(x) = 12x² − 10x + 7.
Piège à éviter : Conserver −9 dans la dérivée serait faux : une constante additive a un taux de variation nul.
À toi d'essayer
Dérive g(x) = 3/x + 2√x pour x > 0, en expliquant les deux règles utilisées.
Voir la réponseMasquer la réponse
La dérivée de 3/x est −3/x². Celle de 2√x est 2/(2√x) = 1/√x. Donc g’(x) = −3/x² + 1/√x sur ]0 ; +∞[.
3. Un produit demande deux contributions
Pour deux fonctions dérivables u et v, on a (uv)’ = u’v + uv’. Le premier terme décrit la variation de u multipliée par la valeur de v ; le second décrit la variation de v multipliée par la valeur de u. La dérivée d’un produit n’est donc pas le produit des dérivées. Avec x × x, cette fausse règle donnerait 1, alors que la dérivée de x² vaut 2x.
On peut comprendre la formule à partir des taux. Ajouter puis soustraire u(x + h)v(x) au numérateur permet d’écrire le taux du produit comme u(x + h)[v(x + h) − v(x)]/h + v(x)[u(x + h) − u(x)]/h. Quand h tend vers zéro, les deux quotients tendent vers v’(x) et u’(x). Une fonction dérivable étant continue, u(x + h) tend vers u(x) ; on retrouve la règle annoncée.
Exemple résolu
Dériver f(x) = (2x − 1)(x² + 3), puis vérifier en développant.
- Étape 1 : Poser u(x) = 2x − 1 et v(x) = x² + 3. Alors u’(x) = 2 et v’(x) = 2x.
- Étape 2 : La règle donne f’(x) = 2(x² + 3) + (2x − 1)2x.
- Étape 3 : Réduire : f’(x) = 6x² − 2x + 6. Le développement initial f(x) = 2x³ − x² + 6x − 3 conduit à la même dérivée.
Résultat : La fonction est dérivable sur ℝ et f’(x) = 6x² − 2x + 6.
Piège à éviter : Écrire seulement 2 × 2x oublierait les valeurs des facteurs et les deux contributions de leur variation.
Selon la question suivante, on choisit de laisser la dérivée factorisée ou de la développer. Une forme factorisée aide souvent à étudier le signe ; une forme développée facilite une substitution numérique. Il n’est pas toujours utile d’allonger les calculs pour obtenir une forme particulière. Le résultat doit surtout être exact, défini sur le bon ensemble et adapté à l’usage prévu.
À toi d'essayer
Un élève affirme que la dérivée de (x + 1)² est 1, car chaque facteur a pour dérivée 1. Corrige son raisonnement.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Inverse, quotient et stratégie de calcul
Si v est dérivable et ne s’annule pas, la dérivée de 1/v est −v’/v². Pour un quotient u/v, avec u et v dérivables et v non nul, on obtient (u/v)’ = (u’v − uv’)/v². L’ordre de la soustraction au numérateur est essentiel. Le carré du dénominateur ne dispense pas d’exclure les points où v vaut zéro.
La règle du quotient découle de celle du produit en écrivant u/v = u × (1/v). La dérivée vaut u’/v − uv’/v², puis la mise au même dénominateur donne la formule. Cette explication aide à reconstruire le résultat si l’on hésite entre le signe plus et le signe moins. Une dérivée de quotient n’est pas non plus le quotient des deux dérivées.
Exemple résolu
Dériver f(x) = (x² + 1)/(x − 1).
- Étape 1 : Le domaine exclut x = 1. Sur chacun des deux intervalles restants, poser u = x² + 1 et v = x − 1.
- Étape 2 : On a u’ = 2x et v’ = 1. Donc f’(x) = [2x(x − 1) − (x² + 1)]/(x − 1)².
- Étape 3 : Développer le numérateur : 2x² − 2x − x² − 1 = x² − 2x − 1.
Résultat : Pour x ≠ 1, f’(x) = (x² − 2x − 1)/(x − 1)².
Piège à éviter : Retirer les parenthèses sans distribuer le signe moins transformerait à tort −(x² + 1) en −x² + 1.
Il existe parfois une simplification avant dérivation. Pour x ≠ 0, (x² + 3x)/x = x + 3. La dérivée vaut donc 1 sur ce domaine. Le calcul ne rend pas la fonction initiale définie en zéro : simplifier une expression n’efface pas les exclusions de son domaine. On conserve cette information dans la réponse même si la formule finale semble valable ailleurs.
Au bac : calculer une dérivée sans perdre les conditions
- Écrire le domaine de la fonction puis les intervalles où les règles sont applicables.
- Identifier l’opération extérieure : somme, produit, inverse ou quotient.
- Nommer les facteurs u et v si cela clarifie le calcul, puis écrire leurs dérivées.
- Appliquer la règle avec les parenthèses avant de développer ou de simplifier.
- Contrôler un cas simple ou une autre écriture de la fonction, puis annoncer la dérivée avec son domaine.
À toi d'essayer
On cherche f(x) = ax² + bx, où a et b sont des constantes réelles, telle que f’(1) = 0 et f’(3) = 8. Détermine a et b, puis vérifie les deux pentes.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Erreurs fréquentes : confondre f et f’ ; dériver un produit facteur par facteur sans addition ; inverser la soustraction du quotient ; oublier les parenthèses ; conserver une constante additive ; oublier un point exclu. Une valeur calculée au hasard ne suffit pas à prouver une formule, mais peut détecter une incohérence.
Choisir son outil
| Situation | Démarche |
|---|---|
| Somme et multiple constant | (u + v)’ = u’ + v’ ; (ku)’ = ku’. |
| Produit | (uv)’ = u’v + uv’. |
| Inverse | (1/v)’ = −v’/v², avec v non nul. |
| Quotient | (u/v)’ = (u’v − uv’)/v², avec v non nul. |
À retenir
- La dérivée associe une pente à chaque abscisse où elle existe.
- La dérivée d’un produit uv est u’v + uv’.
- Les conditions de définition restent nécessaires après simplification.
Fiche de révision
Polynôme
traiter séparément chaque puissance et supprimer seulement les constantes additives.
Produit
deux termes sont nécessaires, chacun dérivant un facteur à son tour.
Quotient
garder le dénominateur au carré et surveiller le signe moins du numérateur.
Racine
la formule 1/(2√x) exige x strictement positif.
Vérification utile
développer un produit simple avant de dériver peut confirmer un calcul fait avec la règle du produit.
Questions fréquentes
Une dérivée nulle signifie-t-elle que la fonction vaut zéro ?
Non. Une fonction constante égale à 7 a une dérivée nulle, tout en gardant la valeur 7.
Pourquoi préciser les intervalles ?
Les fonctions de référence et les opérations ne sont dérivables que là où leurs conditions sont satisfaites, notamment les dénominateurs non nuls.
Et maintenant ?
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