Variations et optimisation

Comment prouver qu’une quantité est la plus grande ou la plus petite possible ?

Environ 35 minutes

  • Relier le signe de la dérivée aux variations
  • Distinguer extremum local et global
  • Résoudre un problème d’optimisation avec ses contraintes
  • Utiliser les variations pour démontrer une inégalité
Sommaire
  1. 1. Du signe de la dérivée aux variations
  2. 2. Reconnaître un extremum et vérifier les bornes
  3. 3. Traduire un problème avant de dériver
  4. 4. Établir une comparaison grâce aux variations

Comment prouver qu’une quantité est la plus grande ou la plus petite possible ?

Essayer quelques valeurs peut suggérer un bon résultat, mais ne prouve pas qu’aucune autre valeur ne fait mieux. Le signe de la dérivée permet d’étudier les variations sur un intervalle et d’identifier les extrema. Tu vas utiliser cette méthode pour analyser une fonction, résoudre un problème géométrique et établir une inégalité. Les domaines, les bornes et la conclusion dans le contexte font partie de la démonstration.

1. Du signe de la dérivée aux variations

On considère une fonction dérivable sur un intervalle I. Si f’ est positive ou nulle sur I, alors f est croissante sur I. Si f’ est négative ou nulle, f est décroissante. Si f’ est identiquement nulle sur I, f est constante. Les hypothèses sur l’intervalle sont essentielles : des morceaux séparés du domaine ne peuvent pas être réunis sans réflexion.

Croissante signifie que pour a < b dans l’intervalle, f(a) ≤ f(b). Strictement croissante signifie que l’inégalité entre les images est stricte. Une dérivée strictement positive sur l’intervalle donne une croissance stricte. Une dérivée qui s’annule en quelques points isolés peut aussi correspondre à une fonction strictement croissante ; il faut analyser la situation, pas appliquer une réciproque fausse.

Le signe de f’ ne doit pas être confondu avec celui de f. Une fonction peut décroître tout en restant positive, ou croître avec des valeurs négatives. Dans un tableau de variations, la ligne des signes concerne la dérivée et les flèches concernent la fonction initiale. Les valeurs inscrites aux extrémités des flèches sont celles de f, pas celles de f’.

Vocabulaire

Maximum sur I :
Valeur f(a) supérieure ou égale à toutes les images des points de I.
Minimum sur I :
Valeur f(a) inférieure ou égale à toutes les images des points de I.
Extremum local :
Maximum ou minimum valable dans un voisinage du point étudié.
Optimiser :
Déterminer la plus grande ou la plus petite valeur d’une grandeur sous des contraintes données.

À toi d'essayer

Une fonction est dérivable sur [0 ; 4] et vérifie f’(x) < 0 pour 0 < x < 4. Compare f(1) et f(3). Peut-on en déduire le signe de f(1) ?

Voir la réponse

La fonction est strictement décroissante, donc f(1) > f(3). On ne peut pas déduire le signe de f(1) : les variations ne disent pas où les images se situent par rapport à zéro.

2. Reconnaître un extremum et vérifier les bornes

Si la dérivée passe du signe positif au signe négatif en a, la fonction croît puis décroît : elle possède un maximum local en a. Si elle passe du négatif au positif, on obtient un minimum local. Pour une fonction dérivable, un extremum situé à l’intérieur de l’intervalle entraîne f’(a) = 0. La condition d’intériorité compte : une borne peut porter un extremum sans pente nulle.

La pente s’annule en 0, mais la fonction reste croissante de part et d’autre. Ce point n’est pas un extremum.

La courbe de x³ montre pourquoi la réciproque est fausse. Sa dérivée 3x² s’annule en zéro mais reste positive de chaque côté. La fonction traverse ce point en continuant à croître ; elle n’y possède ni maximum ni minimum. Résoudre f’(x) = 0 donne donc des candidats à examiner, pas une liste automatique d’extrema.

Sur un intervalle fermé et borné, pour les fonctions continues étudiées ici, on compare les valeurs aux points critiques intérieurs et aux deux bornes. Un tableau de variations permet de réduire cette comparaison aux candidats pertinents. Sur un intervalle ouvert, une valeur extrême peut ne pas être atteinte : la fonction f(x) = x sur ]0 ; 1[ est croissante mais n’a ni maximum ni minimum sur cet intervalle.

Exemple résolu

Étudier les variations de f(x) = x² − 4x + 1 sur [0 ; 5], puis déterminer son minimum et son maximum.

  1. Étape 1 : La fonction est dérivable et f’(x) = 2x − 4. La dérivée est négative avant 2, nulle en 2 et positive après 2.
  2. Étape 2 : La fonction décroît sur [0 ; 2], puis croît sur [2 ; 5].
  3. Étape 3 : Calculer f(0) = 1, f(2) = −3 et f(5) = 6. Comparer ces valeurs.

Résultat : Le minimum sur [0 ; 5] vaut −3, atteint en x = 2. Le maximum vaut 6, atteint en x = 5.

Piège à éviter : Chercher seulement f’(x) = 0 trouverait le minimum intérieur mais manquerait le maximum situé à la borne 5.

Pour un trinôme ax² + bx + c, la dérivée est 2ax + b. Elle s’annule en −b/(2a). Si a > 0, son signe passe du négatif au positif : le sommet porte un minimum sur ℝ. Si a < 0, il porte un maximum. Sur un intervalle restreint, on conserve uniquement les points appartenant au domaine et l’on examine aussi les bornes.

À toi d'essayer

On sait que f’(x) = (x − 2)² sur ℝ. Un élève annonce un minimum en 2 parce que f’(2) = 0. Cette conclusion est-elle justifiée ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

3. Traduire un problème avant de dériver

Un problème d’optimisation commence par le choix d’une variable et de son domaine. On traduit ensuite la grandeur à optimiser en fonction de cette variable. Les contraintes permettent souvent d’exprimer toutes les autres quantités à l’aide d’une seule. Dériver avant ce travail peut produire des calculs corrects sur une fonction qui ne représente pas la question posée.

L’aire augmente jusqu’à x = 3 puis diminue. Sa valeur maximale est 9 pour deux côtés de longueur 3.

Exemple résolu

Un rectangle a un périmètre de 12 mètres. Quelle est son aire maximale ?

  1. Étape 1 : Noter x une longueur et y l’autre. Le périmètre impose 2x + 2y = 12, donc y = 6 − x.
  2. Étape 2 : Pour un rectangle non dégénéré, 0 < x < 6. Son aire est A(x) = x(6 − x) = 6x − x².
  3. Étape 3 : La dérivée A’(x) = 6 − 2x est positive avant 3 et négative après 3.
  4. Étape 4 : Le maximum est atteint pour x = 3, donc y = 3 et A(3) = 9.

Résultat : L’aire maximale vaut 9 mètres carrés ; elle est obtenue pour un carré de côté 3 mètres.

Piège à éviter : Oublier la contrainte de périmètre et traiter x et y comme deux variables libres empêcherait de déterminer ce maximum.

La figure montre l’aire sur l’intervalle fermé [0 ; 6] pour visualiser aussi les limites dégénérées d’aire nulle. Le rectangle demandé impose des dimensions strictement positives, mais le maximum intérieur x = 3 reste admissible. La conclusion doit distinguer la valeur optimale, ici une aire, et les valeurs de variables qui la réalisent, ici des longueurs. Leurs unités sont différentes.

Une modélisation peut aussi être économique : recettes, coûts et bénéfices ne désignent pas la même fonction. Si l’on cherche un bénéfice maximal, on doit former recettes moins coûts avant l’étude. Si la variable représente un nombre entier d’objets, une optimisation continue donne des candidats voisins, puis il faut comparer les entiers admissibles. Arrondir mécaniquement l’optimum réel n’est pas une justification suffisante.

Au bac : résoudre une optimisation complète

  1. Choisir une variable avec son unité et écrire les contraintes sous forme de domaine.
  2. Exprimer la grandeur recherchée à l’aide de cette seule variable.
  3. Calculer la dérivée, justifier ses signes puis les variations.
  4. Examiner les valeurs aux points critiques et aux bornes pertinentes.
  5. Conclure en donnant la valeur optimale et les paramètres qui la réalisent, puis vérifier leur admissibilité.

4. Établir une comparaison grâce aux variations

Pour prouver f(x) ≥ g(x), on peut étudier la différence H(x) = f(x) − g(x). Si les variations montrent que son minimum vaut zéro sur l’intervalle, alors H est positive ou nulle partout sur cet intervalle. Cette démarche justifie une infinité de comparaisons à partir d’une étude structurée. Vérifier quelques valeurs ne donnerait qu’une illustration.

Exemple résolu

Démontrer que x³ ≥ 3x − 2 pour tout x ≥ 1.

  1. Étape 1 : Définir H(x) = x³ − 3x + 2 sur [1 ; +∞[. L’inégalité demandée équivaut à H(x) ≥ 0.
  2. Étape 2 : Calculer H’(x) = 3x² − 3 = 3(x − 1)(x + 1). Pour x ≥ 1, cette dérivée est positive ou nulle.
  3. Étape 3 : H est donc croissante sur [1 ; +∞[ et H(1) = 1 − 3 + 2 = 0.

Résultat : Pour tout x ≥ 1, H(x) ≥ H(1) = 0, donc x³ ≥ 3x − 2.

Piège à éviter : Montrer seulement que H’ est positive ne suffit pas : il faut aussi une valeur de référence de H pour conclure sur son signe.

Une symétrie peut réduire l’étude d’une fonction. Si f(−x) = f(x), on dit que f est paire : sa courbe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. Si f(−x) = −f(x), elle est impaire et sa courbe est symétrique par rapport à l’origine. Le domaine doit être symétrique lui aussi. Ces propriétés aident à représenter une courbe et à contrôler un résultat, sans remplacer le calcul des variations nécessaires.

À toi d'essayer

Un atelier vend un nombre entier n d’objets, avec 0 ≤ n ≤ 10. Son bénéfice en euros est B(n) = −2n² + 17n + 20. L’étude continue donne un maximum pour x = 4,25. Quel nombre d’objets faut-il vendre ? Justifie sans arrondir automatiquement.

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

Attention :

Erreurs fréquentes : oublier le domaine ; prendre tous les zéros de la dérivée pour des extrema ; négliger les bornes ; confondre abscisse optimale et valeur optimale ; déduire le signe de f de celui de f’ ; conclure une inégalité sans valeur de référence. Le tableau relie des informations différentes qu’il faut garder distinctes.

Choisir son outil

SituationDémarche
VariationsSigne de f’ sur des intervalles où f est dérivable.
Extremum intérieurExaminer le changement de signe de la dérivée.
Optimisation sous contraintesComparer les candidats admissibles et les bornes.
InégalitéÉtudier la différence et une valeur de référence.

À retenir

  • Le signe de la dérivée détermine les variations sur un intervalle.
  • Une dérivée nulle ne suffit pas à établir un extremum.
  • Une fonction décroissante sur [a ; b] atteint son minimum en b ; une fonction croissante sur ce même intervalle l’atteint en a.

Fiche de révision

Lire la ligne de f’ pour les signes, la ligne de f pour les flèches et les valeurs.

Un maximum intérieur correspond souvent à une pente passant de positive à négative.

Sur [0 ; 5], x² − 4x + 1 est minimal en 2 mais maximal à la borne 5.

Une optimisation répond à deux questions

quelle meilleure valeur, et pour quels paramètres ?

Pour comparer deux fonctions, leur différence transforme la question en étude de signe.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un maximum sans dérivée nulle ?

Oui, par exemple à une borne d’intervalle. La condition de dérivée nulle concerne un extremum intérieur pour une fonction dérivable.

Faut-il toujours développer avant de chercher un signe ?

Non. Une forme factorisée de la dérivée est souvent plus utile pour connaître ses zéros et ses signes.

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