Architecture des ordinateurs
Distinguer processeur, mémoire et périphériques ; suivre des instructions simples, comprendre les circuits booléens et relier capteurs et actionneurs.
Environ 35 minutes
- Identifier les constituants d’un ordinateur
- Dérouler une suite d’instructions machine simplifiées
- Interpréter une fonction booléenne
- Distinguer capteur et actionneur
Comment une même machine peut-elle exécuter des programmes différents ?
Un ordinateur n’est pas construit pour un seul calcul. Il exécute des instructions représentées en mémoire et utilise des données également mémorisées. Nous décrirons un modèle séquentiel simple : une instruction est recherchée, décodée puis exécutée. Ce modèle permet de comprendre le rôle des composants sans prétendre décrire tous les détails d’un processeur actuel. Nous relierons ensuite les calculs aux circuits logiques et aux échanges avec l’environnement.
1. Un programme enregistré en mémoire
Dans le modèle d’architecture associé à von Neumann, la mémoire contient des instructions et des données. Le processeur exécute les instructions et réalise les traitements. Les entrées apportent de l’information à la machine ; les sorties rendent un résultat ou commandent un dispositif. Les bus assurent des communications entre constituants. Cette organisation explique qu’on puisse changer de tâche en changeant de programme, sans reconstruire tous les circuits de la machine.
L’unité de commande, notée UC, organise l’exécution. L’unité arithmétique et logique, notée UAL, réalise des opérations comme une addition ou une comparaison. Des registres gardent temporairement des informations utilisées par le processeur. Un registre n’est pas l’ensemble de la mémoire principale ; il sert à des opérations proches du calcul en cours. La mémoire possède des emplacements repérés par des adresses. Le contenu d’une adresse et l’adresse elle-même sont deux informations distinctes.
Il faut aussi distinguer mémoire de travail et stockage persistant. La mémoire vive courante perd ses informations lorsque l’alimentation disparaît ; le stockage sur un support comme un SSD conserve normalement les fichiers. Charger un programme depuis le stockage permet de placer en mémoire les éléments nécessaires à son exécution. Dire qu’un ordinateur manque de mémoire ne signifie donc pas forcément que son disque est plein. Ces ressources n’ont ni le même rôle ni les mêmes contraintes.
Exemple résolu
Un ordinateur lit un programme enregistré sur un SSD, additionne deux nombres puis affiche le résultat. Associe chaque opération aux constituants concernés.
- Étape 1 : Le SSD assure le stockage persistant du fichier. Le chargement place les instructions et les données utiles dans la mémoire de travail.
- Étape 2 : L’unité de commande organise les instructions ; l’UAL effectue l’addition en utilisant notamment des registres pour les valeurs de travail.
- Étape 3 : L’affichage utilise un périphérique de sortie. Les échanges nécessaires passent par les mécanismes de communication de la machine.
Résultat : Le stockage conserve le programme, la mémoire prépare son utilisation, le processeur exécute et la sortie présente le résultat.
Piège à éviter : Attribuer l’addition à la mémoire parce qu’elle contient les nombres confond conservation de l’information et traitement.
2. Suivre une exécution séquentielle
Une instruction machine décrit une opération que le processeur sait réaliser. Un cycle conceptuel commence par la lecture de l’instruction à l’adresse indiquée par le compteur ordinal. L’unité de commande la décode puis organise son exécution. En l’absence de saut, le compteur désigne ensuite l’instruction suivante. Un saut modifie cet enchaînement, par exemple pour recommencer une boucle ou choisir une branche. Il n’est pas nécessaire de connaître le codage réel d’un processeur pour suivre une trace simplifiée.
Pour nos traces, un registre R sert d’accumulateur. Les instructions fictives CHARGER a, AJOUTER a et STOCKER a utilisent le contenu de l’adresse a : elles le copient dans R, l’ajoutent à R ou reçoivent la valeur de R. L’instruction ARRET termine l’exécution. Cette convention décrit un petit langage pédagogique ; les mots employés ne sont pas des instructions universelles de tous les ordinateurs. Avant de calculer, il faut toujours lire la définition des instructions fournies.
Exemple résolu
On a mémoire[20] = 7, mémoire[21] = 4 et mémoire[22] = 0. Exécute CHARGER 20, AJOUTER 21, STOCKER 22, ARRET. Donne R et mémoire[22] après chaque étape utile.
- Étape 1 : CHARGER 20 lit le contenu de l’adresse 20 : R reçoit 7. La case 22 reste à 0.
- Étape 2 : AJOUTER 21 lit 4 et calcule 7 + 4 : R reçoit 11. Les cases 20 et 21 ne changent pas.
- Étape 3 : STOCKER 22 copie la valeur 11 de R dans mémoire[22]. ARRET termine le programme.
Résultat : Le résultat final est R = 11 et mémoire[22] = 11 ; les données d’origine 7 et 4 restent aux adresses 20 et 21.
Piège à éviter : AJOUTER 21 ajoute le contenu de l’adresse 21, ici 4 ; il n’ajoute pas le nombre 21.
À toi d'essayer
Dans la même convention, mémoire[8] vaut 3 et mémoire[9] vaut 10. Exécute CHARGER 9, AJOUTER 8, STOCKER 8. Quelles sont les valeurs finales des deux cases ?
Voir la réponseMasquer la réponse
R reçoit 10 puis 13. STOCKER 8 remplace le contenu de la case 8 par 13. La case 9 reste à 10. L’ordre de lecture puis d’écriture est donc déterminant.
Un modèle séquentiel traite les instructions selon un ordre défini. Les machines réelles peuvent employer plusieurs cœurs ou processeurs et exécuter plusieurs tâches en parallèle. Une architecture monoprocesseur et une architecture multiprocesseur ne proposent donc pas la même organisation matérielle. Cependant, disposer de plusieurs unités ne divise pas automatiquement le temps de tout programme par leur nombre : il faut pouvoir répartir le travail, coordonner les échanges et tenir compte des parties qui restent séquentielles.
3. Des circuits aux opérations booléennes
Les circuits combinatoires réalisent des fonctions booléennes : leurs sorties dépendent des entrées présentes, selon une règle logique. Une entrée booléenne peut prendre les valeurs 0 ou 1. La porte ET renvoie 1 seulement lorsque ses deux entrées valent 1. La porte OU renvoie 1 lorsqu’au moins l’une vaut 1 ; la négation inverse la valeur. Une table de vérité énumère tous les cas possibles. Pour deux entrées, il y a quatre combinaisons à examiner.
La combinaison de portes permet de construire des fonctions plus complexes, notamment des opérations intervenant dans le calcul arithmétique. Il faut distinguer une fonction booléenne de la représentation matérielle qui la réalise. L’expression a and b décrit une règle logique ; un circuit effectue cette règle sur des signaux physiques. Le résultat booléen ne correspond pas à une instruction complète de haut niveau : plusieurs étapes séparent une fonction écrite en Python et les opérations du matériel.
À toi d'essayer
Un signal vaut 1 lorsque a vaut 1 et b vaut 0. Quelle expression booléenne réalise cette règle ? Donne sa valeur pour a = 0 et b = 0, puis pour a = 1 et b = 1.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Agir sur l’environnement
Un capteur transforme une grandeur ou un événement physique en information utilisable. Un capteur de température fournit une mesure ; un bouton fournit une information d’activation. Un actionneur transforme une commande en action physique, comme un moteur qui tourne ou une lampe qui s’allume. Un dispositif peut réunir les deux fonctions. La distinction dépend du sens de circulation de l’information : de l’environnement vers le programme pour la mesure, du programme vers l’environnement pour la commande.
Dans un système embarqué simple, le programme acquiert une mesure, la compare à une règle puis commande une sortie. Le cahier des charges doit préciser les unités, les seuils et ce qu’il faut faire à l’égalité. La mesure n’est pas forcément parfaite ; un résultat de simulation prouve seulement le comportement du modèle testé. Pour une réalisation matérielle, les caractéristiques du capteur et de l’actionneur doivent être connues avant de brancher ou programmer le dispositif.
Exemple résolu
Une maquette de serre possède un capteur de température et un voyant. Le cahier des charges demande d’allumer le voyant pour une température supérieure ou égale à 28 °C. Analyse le traitement pour 27 °C, 28 °C et 31 °C.
- Étape 1 : Le capteur fournit la température en entrée ; le voyant est la sortie commandée. Le programme compare la mesure au seuil inclusif de 28 °C.
- Étape 2 : À 27 °C, le test température ≥ 28 est faux : le voyant doit être éteint. À 28 °C, le test est vrai : il doit être allumé.
- Étape 3 : À 31 °C, le test reste vrai. Le programme doit également prévoir de réévaluer la condition pour éteindre le voyant si la température redescend.
Résultat : Les commandes successives attendues sont éteint, allumé et allumé. Le seuil appartient à la règle programmée, pas au rôle du capteur.
Piège à éviter : Utiliser strictement supérieur à 28 traiterait mal le cas d’égalité demandé dans le cahier des charges.
À toi d'essayer
Un système possède un bouton de demande et un contact indiquant qu’une porte est fermée. Un voyant doit s’allumer uniquement si la demande est active et la porte fermée. Identifie entrées, sortie et règle booléenne ; explique pourquoi le voyant n’est pas un capteur.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
5. Expliquer les rôles sans les confondre
Au bac : dérouler une machine simplifiée
- Relever les définitions des instructions et les valeurs initiales.
- Préparer un tableau avec le compteur, le registre de calcul et les cases modifiées.
- Appliquer une seule instruction par ligne ; distinguer adresse et contenu.
- Conclure sur les valeurs finales et le rôle des composants. Les acquis de première préparent la poursuite éventuelle de NSI en terminale.
Erreurs fréquentes : confondre mémoire et stockage ; attribuer le calcul au disque ; lire une adresse comme une valeur immédiate ; annoncer que plusieurs processeurs accélèrent toujours tout ; inverser capteur et actionneur. Une trace précise permet de réfuter ces confusions.
Vocabulaire
- Registre :
- Petit espace de mémorisation utilisé au sein du processeur.
- Compteur ordinal :
- Registre indiquant l’adresse de l’instruction à rechercher.
- Bus :
- Moyen de communication entre constituants de la machine.
- Circuit combinatoire :
- Circuit dont les sorties résultent d’une fonction des entrées présentes.
Bilan
| Question | Repère |
|---|---|
| Mémoriser | Instructions et données occupent des emplacements. |
| Exécuter | Le processeur suit les instructions. |
| Interagir | Les entrées mesurent ou reçoivent ; les sorties commandent ou présentent. |
La rubrique S’entraîner se trouve à l’adresse /exercices. Reprends une courte trace machine, puis explique le chemin d’une information depuis un capteur jusqu’à une commande.
À retenir
- Dans le modèle étudié, instructions et données sont enregistrées en mémoire.
- Le processeur organise et réalise l’exécution des instructions.
- Une adresse repère une case ; son contenu est la valeur mémorisée.
- Un circuit combinatoire réalise une fonction booléenne.
- Un capteur apporte une information ; un actionneur réalise une commande.
Fiche de révision
Pour suivre une exécution, noter l’état après chaque instruction, pas seulement le résultat final.
Pour choisir un composant, demander s’il conserve, calcule, mesure ou agit.
Pour un seuil physique, préciser unité et traitement de l’égalité avant de programmer.
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