Énergie électrique
Pourquoi la tension d’une pile peut-elle baisser lorsqu’elle alimente un circuit ?
Environ 35 minutes
- Relier intensité et débit de charges
- Modéliser une source réelle
- Établir un bilan de puissance et un rendement
Pourquoi la tension d’une pile peut-elle baisser lorsqu’elle alimente un circuit ?
Le courant transporte des charges et permet des transferts d’énergie. Le modèle d’une source réelle relie tension disponible, résistance interne, effet Joule et rendement.
1. Un courant transporte des charges
Une pile branchée à une lampe permet un transfert d’énergie, mais ni la charge ni le courant ne sont des réserves d’énergie que l’on viderait dans le fil. Le courant correspond à un déplacement organisé de porteurs de charge. Dans un métal, les porteurs mobiles sont des électrons ; dans une solution, des ions peuvent participer au courant. Le sens conventionnel du courant correspond au déplacement de charges positives.
Pour un courant continu de valeur constante, l’intensité vérifie I = Q/Δt, où Q est la valeur de la charge traversant une section pendant la durée Δt. Une intensité de 1 A correspond à un débit de 1 C par seconde. Le mouvement des électrons dans un métal est opposé au sens conventionnel du courant. Un composant ne consomme pas les charges : il peut recevoir et convertir de l’énergie.
La tension U décrit une différence de potentiel entre deux points. L’intensité I décrit un débit de charges dans une branche. Une tension se mesure avec un voltmètre branché en dérivation ; une intensité avec un ampèremètre inséré en série. Les bornes, le calibre et le type de mesure doivent être adaptés. On réalise uniquement les montages basse tension prévus par le protocole, alimentation coupée lors des changements de branchement.
Vocabulaire
- Intensité :
- Débit de charges électriques, exprimé en ampères.
- Tension :
- Différence de potentiel électrique entre deux points, exprimée en volts.
- Puissance :
- Énergie transférée ou convertie par unité de temps, exprimée en watts.
- Énergie :
- Grandeur conservée lors des transferts et conversions, exprimée en joules.
Exemple résolu
Un courant continu de 0,20 A traverse une branche pendant 3,0 min. Calculer la charge qui traverse une section et le nombre d’électrons correspondant en valeur absolue. Prendre e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C.
- Étape 1 : La durée vaut 180 s.
- Étape 2 : Q = I Δt = 0,20 × 180 = 36 C.
- Étape 3 : Le nombre d’électrons vaut N = Q/e = 36/(1,60 × 10⁻¹⁹).
Résultat : La charge correspond à 36 C, soit environ 2,3 × 10²⁰ électrons traversant la section.
Piège à éviter : Utiliser 3,0 comme durée dans une relation en unités SI oublierait la conversion des minutes.
À toi d'essayer
Un courant de 0,50 A reste constant pendant 40 s. Quelle charge traverse la section ? Cette charge est-elle détruite dans un récepteur ?
Voir la réponseMasquer la réponse
Q = 0,50 × 40 = 20 C. Les charges ne sont pas détruites dans le récepteur ; le dispositif échange et convertit de l’énergie.
2. Pourquoi une pile réelle n’est-elle pas idéale ?
Une source idéale de tension maintient sa tension E indépendamment de l’intensité dans le cadre du modèle. Une source réelle peut être modélisée par l’association en série d’une source idéale de tension E et d’une résistance interne r. Lorsqu’elle fournit un courant I dans le sens générateur, sa tension aux bornes vérifie U = E − rI. Ici E est une tension en volts et non une énergie ; r est en ohms.
À circuit ouvert, le courant est nul et U = E dans ce modèle. Lorsque la source débite, une partie de sa tension est perdue dans la résistance interne : rI. Pour identifier les paramètres, on mesure plusieurs couples (I, U) en faisant varier une charge extérieure adaptée. Le graphe U en fonction de I est une droite décroissante : l’ordonnée à l’origine donne E et l’opposé du coefficient directeur donne r.
Cette représentation est une approximation valable dans une plage de fonctionnement. Une vraie pile évolue avec son état et sa température ; la droite ne décrit pas toutes les situations. Un court-circuit provoquerait un courant important et un échauffement dangereux. On ne le réalise pas pour mesurer une intensité maximale. Les mesures doivent respecter les limites des appareils et de la source.
Exemple résolu
Une source présente U = 5,6 V pour I = 0,20 A et U = 5,0 V pour I = 0,50 A. Déterminer E et r avec le modèle U = E − rI.
- Étape 1 : Le coefficient directeur vaut (5,0 − 5,6)/(0,50 − 0,20) = −2,0 V·A⁻¹.
- Étape 2 : On en déduit r = 2,0 Ω.
- Étape 3 : À partir du premier point : E = U + rI = 5,6 + 2,0 × 0,20 = 6,0 V.
Résultat : Le modèle est une source idéale de 6,0 V en série avec une résistance interne de 2,0 Ω.
Piège à éviter : Prendre la pente négative comme une résistance négative oublie le signe moins dans U = E − rI.
À toi d'essayer
Une source de paramètres E = 6,0 V et r = 2,0 Ω fournit 0,50 A. Quelle tension est disponible pour le circuit extérieur ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
3. Relier puissance, durée et rendement
Pour un récepteur en convention récepteur, lorsque U et I sont positifs et constants, la puissance électrique reçue vaut P = UI. En courant continu stable pendant Δt, l’énergie reçue vaut E_élec = UI Δt. Le watt équivaut à un joule par seconde. L’énergie en kilowattheures se calcule aussi en multipliant une puissance en kilowatts par une durée en heures ; 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J.
Un dipôle ohmique vérifie U = RI et convertit sa puissance électrique en énergie thermique par effet Joule : P_J = RI² = U²/R. La résistance est en ohms. Doubler l’intensité dans la même résistance multiplie la puissance thermique par quatre. Dans un conducteur de résistance non négligeable, les pertes augmentent donc fortement avec le courant. Un échauffement peut être utile dans un chauffage et indésirable dans une alimentation.
Le rendement η d’un convertisseur est le rapport de l’énergie utile à l’énergie reçue, ou des puissances correspondantes si elles sont mesurées sur le même fonctionnement. Le caractère utile dépend de l’usage. Un moteur reçoit une puissance électrique et délivre notamment une puissance mécanique ; le reste peut chauffer le moteur et l’environnement. Un rendement est sans unité, entre 0 et 1 pour le bilan considéré, ou entre 0 et 100 %.
Dans le modèle de la source réelle, la puissance issue de la conversion vaut EI, celle fournie au circuit extérieur UI et celle dissipée à l’intérieur rI². Le bilan EI = UI + rI² découle de U = E − rI. Pour cette source en fonctionnement générateur, avec EI non nul, le rendement du transfert vers l’extérieur est UI/(EI) = U/E. Cette dernière formule ne remplace pas la définition générale pour tous les convertisseurs.
Exemple résolu
Une source de tension idéale E = 6,0 V et de résistance interne r = 2,0 Ω fournit I = 0,50 A pendant 200 s. Déterminer l’énergie fournie au circuit, l’énergie interne dissipée et le rendement.
- Étape 1 : U = 6,0 − 2,0 × 0,50 = 5,0 V ; P_ext = UI = 2,5 W.
- Étape 2 : P_J = rI² = 2,0 × 0,50² = 0,50 W. Sur 200 s, le circuit reçoit 500 J et la source dissipe 100 J.
- Étape 3 : La conversion totale vaut EI Δt = 600 J ; η = 500/600 ≈ 0,83.
Résultat : Le circuit reçoit 500 J ; 100 J sont dissipés à l’intérieur. Le rendement vaut environ 83 %.
Piège à éviter : Diviser l’énergie utile par l’énergie dissipée donnerait un rapport qui n’est pas le rendement.
À toi d'essayer
Deux résistances identiques chauffent, l’une sous 0,30 A, l’autre sous 0,60 A. La seconde reçoit-elle seulement deux fois plus de puissance ? Et si l’objectif est de chauffer une pièce, l’effet Joule est-il forcément une perte ?
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Présenter un bilan et ses limites
Pour comparer des appareils, commence par la grandeur pertinente. Une petite lampe peut mobiliser une puissance de l’ordre de quelques watts ; un chauffage domestique, de l’ordre du kilowatt. La puissance ne suffit pas à prévoir l’énergie consommée sans la durée d’usage. Deux appareils de puissances différentes peuvent consommer la même énergie si les durées compensent cette différence.
Dans une expérience, mesure U et I dans les conditions de fonctionnement, puis la durée. N’utilise pas automatiquement la tension inscrite sur une source comme la tension réellement disponible au récepteur. Pour une caractéristique, répète les mesures dans la plage autorisée et examine l’alignement des points. Des écarts à la droite peuvent signaler les limites du modèle, un échauffement ou un problème de mesure.
Au bac : établir un bilan électrique
- Délimite le système et dessine les transferts entrants, utiles et dissipés ; précise si tu étudies la source ou le récepteur.
- Associe chaque tension et chaque courant à ses bornes et sa branche. Utilise une convention cohérente pour les puissances.
- Calcule les puissances puis les énergies sur une même durée ; vérifie watts, secondes, joules ou kilowattheures.
- Termine par le rendement et une vérification du bilan. Une énergie utile supérieure à l’énergie reçue signale une erreur ou un apport oublié.
Des relations complémentaires
| Situation | Relation en régime constant |
|---|---|
| Débit de charges | Q = I Δt |
| Transfert électrique | E_élec = UI Δt |
| Échauffement ohmique | P_J = RI² |
| Convertisseur | η = énergie utile/énergie reçue |
Erreurs fréquentes : confondre W et Wh, utiliser une durée en minutes sans conversion, appliquer U = RI à tous les dipôles, ou attribuer une consommation de charges à un récepteur. Vérifier les unités et préciser le modèle évite ces confusions.
S’entraîner : poursuis avec les activités de circuits et d’énergie dans l’espace Exercices du site.
À retenir
- En courant constant, l’intensité correspond au débit de charges : I = Q/Δt.
- Une source réelle en fonctionnement générateur peut vérifier U = E − rI.
- Pour un récepteur en régime constant, P = UI et E_élec = UI Δt.
- Le rendement compare une énergie utile à l’énergie reçue ; l’énergie se conserve dans le bilan complet.
Fiche de révision
Distinguer les unités
A pour un débit de charges, V pour une tension, W pour une puissance et J pour une énergie.
Lire une droite U(I)
origine E, pente −r.
Dans une résistance, la puissance thermique varie comme le carré de l’intensité.
Sur la même durée, somme les transferts utiles et dissipés pour retrouver l’énergie entrante.
Questions fréquentes
Une pile de 6 V fournit-elle toujours exactement 6 V ?
Non. Dans le modèle de source réelle, la tension disponible diminue quand la source débite : U = E − rI. Une mesure doit être faite dans les conditions de fonctionnement.
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