Travail et énergie mécanique

Comment prévoir une vitesse ou une distance d’arrêt avec un bilan d’énergie ?

Environ 35 minutes

  • Calculer un travail et appliquer le théorème de l’énergie cinétique
  • Exploiter une conservation mécanique
  • Interpréter les frottements et la dissipation
Sommaire
  1. 1. Une force peut transférer de l’énergie
  2. 2. Établir un bilan d’énergie cinétique
  3. 3. Introduire l’énergie potentielle et l’énergie mécanique
  4. 4. Comprendre la non-conservation mécanique

Comment prévoir une vitesse ou une distance d’arrêt avec un bilan d’énergie ?

Le travail relie une force à un transfert d’énergie. Les énergies cinétique, potentielle et mécanique permettent d’analyser une chute, un freinage ou un pendule, en tenant compte des frottements.

1. Une force peut transférer de l’énergie

Pousser un chariot ou freiner un vélo modifie son mouvement par des forces. Le point de vue énergétique permet de relier ces actions à la variation de la valeur de la vitesse sans reconstruire toute la trajectoire temporelle. Le système est modélisé par un point matériel de masse constante et l’on choisit un référentiel galiléen. Une force appliquée pendant un déplacement peut effectuer un travail.

Pour une force constante F et un déplacement rectiligne de A à B, le travail vaut W_AB(F) = F · AB = F AB cos α. L’angle α est celui entre le vecteur force et le déplacement, et AB est la longueur parcourue sur ce segment. Avec F en newtons et AB en mètres, le travail est en joules. Il s’agit d’une grandeur algébrique : son signe apporte une information physique.

Seule la composante de la force dans la direction du déplacement intervient dans le travail : W = F AB cos α.

Un travail est moteur lorsqu’il est positif : la force favorise le déplacement dans son sens. Il est résistant lorsqu’il est négatif. Une force perpendiculaire au déplacement a un travail nul. Cela ne signifie pas que la force n’existe pas : elle peut changer la direction du mouvement. Par exemple, la tension idéale d’un fil de pendule est perpendiculaire au déplacement instantané dans le modèle simple.

Exemple résolu

Une force constante de 10 N tire un objet sur un segment horizontal de 2,0 m en faisant un angle de 30° avec le déplacement. Calculer son travail. Prendre cos 30° = 0,866.

  1. Étape 1 : Identifier l’angle entre la force et le déplacement : 30°.
  2. Étape 2 : W = 10 × 2,0 × 0,866 = 17,32 J.
  3. Étape 3 : Le cosinus est positif, le travail est moteur.

Résultat : Le travail vaut environ +17 J avec les données fournies.

Piège à éviter : Multiplier seulement F par la distance sans tenir compte de l’angle surestime le transfert.

À toi d'essayer

Une force de 5,0 N est exactement opposée à un déplacement rectiligne de 3,0 m. Quelle est la valeur de son travail et son rôle ?

Voir la réponse

W = 5,0 × 3,0 × cos 180° = −15 J. Le travail est résistant.

2. Établir un bilan d’énergie cinétique

L’énergie cinétique d’un point matériel de masse m et de vitesse de norme v vaut Ec = 1/2 mv². Elle dépend du référentiel par l’intermédiaire de la vitesse. Elle est toujours positive ou nulle et s’exprime en joules. Doubler la vitesse multiplie Ec par quatre ; doubler la masse la multiplie par deux. Le signe d’une composante de vitesse ne rend pas l’énergie cinétique négative.

Le théorème de l’énergie cinétique relie les états A et B : Ec(B) − Ec(A) = Σ W_AB(F_ext). La somme porte sur les travaux des forces extérieures appliquées au système. Un travail positif peut être compensé par un travail négatif. Il faut donc faire un bilan avant de conclure à une augmentation ou à une diminution de la vitesse.

Sur un sol horizontal, le poids et une réaction normale verticale ont un travail nul si le déplacement est horizontal. Une traction peut fournir un travail moteur et le frottement un travail résistant. La réaction du support n’est pas toujours perpendiculaire si l’on y inclut aussi le frottement : il est souvent plus clair de séparer réaction normale et force de frottement tangentielle.

Exemple résolu

Un objet de 0,50 kg glisse à 4,0 m·s⁻¹ sur une piste horizontale. Il est freiné par une force constante de 1,0 N opposée au déplacement. Les autres forces ne travaillent pas. Déterminer la distance d’arrêt.

  1. Étape 1 : Ec(A) = 1/2 × 0,50 × 4,0² = 4,0 J et Ec(B) = 0.
  2. Étape 2 : Le travail du frottement est −f d = −1,0 × d.
  3. Étape 3 : Le théorème donne 0 − 4,0 = −1,0 × d.

Résultat : La distance d’arrêt vaut 4,0 m dans ce modèle.

Piège à éviter : Attribuer le signe positif au travail de frottement contredirait l’arrêt observé.

À toi d'essayer

Dans les mêmes conditions de freinage, on double la vitesse initiale. Comment évolue la distance d’arrêt ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

3. Introduire l’énergie potentielle et l’énergie mécanique

Près de la surface terrestre, dans un champ de pesanteur uniforme, le poids est P = m g, vertical vers le bas. En choisissant un axe z vertical vers le haut, son travail entre A et B vaut W_AB(P) = mg(z_A − z_B). Il dépend des altitudes initiale et finale, pas du trajet suivi. On peut associer à cette force une énergie potentielle de pesanteur Ep = mgz + constante.

Le choix de l’origine fixe la constante : si Ep = 0 à z = 0, alors Ep = mgz. Une altitude négative peut donner une énergie potentielle négative ; seules les variations interviennent dans le bilan. On obtient ΔEp = mg(z_B − z_A), donc W_AB(P) = −ΔEp. Une force dont le travail dépend seulement des positions de départ et d’arrivée est dite conservative.

L’énergie mécanique est Em = Ec + Ep. Si seul le poids travaille, le théorème de l’énergie cinétique et W(P) = −ΔEp conduisent à ΔEm = 0. Cela s’applique aussi si d’autres forces sont présentes mais ont un travail nul. Pendant une chute libre sans frottement, Ep diminue et Ec augmente de la même quantité. La somme reste constante.

Pour une masse de 0,20 kg lâchée à 2,0 m, avec g = 9,8 N·kg⁻¹, la somme Ec + Ep reste égale à 3,92 J tant que l’on néglige les frottements.

Exemple résolu

Une balle de 0,20 kg est lâchée sans vitesse à 2,0 m au-dessus du sol. On néglige l’air et on prend g = 9,8 N·kg⁻¹ et Ep = 0 au sol. Calculer sa vitesse juste avant le contact.

  1. Étape 1 : Au départ, Ec = 0 et Ep = 0,20 × 9,8 × 2,0 = 3,92 J.
  2. Étape 2 : Par conservation de Em, juste avant le contact, 1/2 mv² = mgh.
  3. Étape 3 : La masse se simplifie : v = √(2gh) = √39,2.

Résultat : La vitesse vaut environ 6,3 m·s⁻¹, juste avant le contact. L’énergie mécanique vaut 3,92 J.

Piège à éviter : Prolonger cette conservation pendant le choc sans examiner la déformation et les transferts d’énergie serait injustifié.

À toi d'essayer

Deux balles de masses différentes sont lâchées sans vitesse de la même hauteur. En négligeant l’air, laquelle arrive avec la plus grande vitesse ? Ont-elles la même énergie cinétique ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Comprendre la non-conservation mécanique

En présence de forces non conservatives, l’énergie mécanique peut varier. Si l’énergie potentielle inclut toutes les forces conservatives prises en compte, ΔEm = somme des travaux des forces non conservatives. Sur un déplacement rectiligne avec frottement de valeur f constante opposé au mouvement, W_f = −f AB. Cette expression ne s’utilise pas en remplaçant arbitrairement un trajet courbe par la distance droite entre ses extrémités.

Un frottement peut diminuer l’énergie mécanique et augmenter l’énergie interne des objets et de leur environnement. L’énergie totale ne disparaît pas : on parle de dissipation mécanique. Inversement, un moteur qui fournit un travail peut augmenter Em. Une force non conservative ne signifie donc pas automatiquement une diminution de l’énergie mécanique ; le signe de son travail compte.

Pour un pendule idéal sans frottement, Em reste constante, Ep est maximale aux positions les plus hautes et Ec maximale au point le plus bas. Pour un pendule réel qui ralentit, les maxima d’altitude diminuent et Em décroît. Une vidéo permet de relever positions et vitesses, puis de calculer Ec, Ep et Em. Les graphes permettent de distinguer échanges internes et pertes mécaniques.

La validation numérique nécessite une origine des altitudes, une échelle spatiale et une méthode de vitesse explicites. On peut calculer les énergies à chaque instant dans un tableau ou un programme, puis rechercher si Em reste constante à la précision des mesures. Une courbe légèrement irrégulière ne suffit pas à prouver un frottement : le pointage et la mesure de vitesse introduisent aussi de la dispersion.

Au bac : choisir le bon bilan

  1. Définis le système, le référentiel et les deux états ; note vitesses et altitudes connues.
  2. Dresse le bilan des forces et des travaux. Choisis Ec si les travaux sont directs, ou Em si l’énergie potentielle simplifie le problème.
  3. Écris le bilan littéral avant les valeurs numériques. Fixe l’origine de Ep et garde les signes des travaux.
  4. Vérifie que le résultat est physiquement possible : une énergie cinétique négative ou un arrêt dépassant la réserve initiale révèle une erreur.

Vocabulaire

Force conservative :
Force dont le travail entre deux positions ne dépend pas du trajet.
Énergie mécanique :
Somme des énergies cinétique et potentielle du système dans le modèle choisi.
Dissipation :
Conversion d’énergie mécanique vers d’autres formes, notamment l’énergie interne.

Deux bilans énergétiques

BilanLecture physique
ΔEc = somme des travauxLes forces changent l’énergie cinétique
ΔEm = travaux non conservatifsLes transferts mécaniques externes modifient la somme Ec + Ep

Erreurs fréquentes : conserver Em malgré des frottements qui travaillent, confondre énergie nulle et variation nulle, ou utiliser une vitesse en km·h⁻¹ dans 1/2 mv² sans conversion. Un bilan dessiné et des unités cohérentes rendent le raisonnement contrôlable.

S’entraîner : retrouve les activités d’énergie mécanique dans l’espace Exercices du site.

À retenir

  • Le travail d’une force constante vaut F AB cos α et possède un signe.
  • La variation d’énergie cinétique est égale à la somme des travaux des forces extérieures.
  • Près de la Terre, Ep = mgz à une constante près et le travail du poids vaut −ΔEp.
  • L’énergie mécanique se conserve si les forces non conservatives n’effectuent pas de travail net.

Fiche de révision

Choisir les états A et B puis identifier les travaux moteurs, résistants et nuls.

Fixer l’origine des altitudes avant de calculer l’énergie potentielle.

Pour une chute sans air, une perte de mgΔz se retrouve en énergie cinétique.

Pour un freinage, rapporter la réserve cinétique au travail résistant par mètre.

Questions fréquentes

Pourquoi une énergie potentielle peut-elle être négative ?

Son zéro est choisi par convention. Une altitude située sous l’origine donne une valeur négative avec Ep = mgz, sans problème : les différences d’énergie gouvernent les transferts.

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