Images et couleurs
Une loupe peut-elle donner une image que l’on projette sur un écran ?
Environ 35 minutes
- Déterminer les caractéristiques d’une image avec les relations fournies
- Expliquer synthèses additive et soustractive
- Interpréter la couleur d’un objet
Une loupe peut-elle donner une image que l’on projette sur un écran ?
Les rayons et les distances algébriques permettent de caractériser une image. Pour les couleurs, il faut suivre la lumière reçue, transmise, absorbée et diffusée jusqu’à l’œil.
1. Former et caractériser une image
Une lentille convergente peut former l’image d’un objet sur un écran, mais elle peut aussi donner une image que l’on observe sans pouvoir la projeter. Pour prévoir ces situations, le modèle de la lentille mince utilise un axe optique, un centre O, un foyer objet F et un foyer image F′. La distance focale image f′ = OF′ est positive pour une lentille convergente avec l’axe orienté dans le sens de propagation de la lumière.
Un rayon passant par le centre optique n’est pas dévié dans le modèle. Un rayon incident parallèle à l’axe émerge en passant par F′. Un rayon passant par F émerge parallèlement à l’axe. Ces constructions s’appliquent aux rayons proches de l’axe et peu inclinés dans les conditions du modèle. Elles permettent de repérer l’image d’un point B au croisement des rayons émergents ou de leurs prolongements.
Une image réelle correspond à une convergence effective des rayons : on peut la recueillir sur un écran placé au bon endroit. Une image virtuelle correspond à l’intersection de prolongements des rayons ; les rayons ne se croisent pas réellement en ce point, donc un écran à cet endroit ne la recueille pas. Une image droite a la même orientation que l’objet, une image renversée l’orientation opposée.
Vocabulaire
- Distance algébrique :
- Distance accompagnée d’un signe selon l’orientation de l’axe choisi.
- Grandissement :
- Rapport algébrique de la taille de l’image à celle de l’objet.
- Image réelle :
- Image formée à l’intersection effective des rayons émergents.
- Image virtuelle :
- Image située à l’intersection des prolongements des rayons émergents.
Exemple résolu
Une lentille de f′ = +10 cm reçoit la lumière d’un objet situé à OA = −30 cm et de taille AB = +2,0 cm. Déterminer position, taille et nature de l’image avec les relations fournies.
- Étape 1 : Utiliser 1/OA′ − 1/OA = 1/f′, donc 1/OA′ = 1/10 − 1/30 = 1/15 en cm⁻¹.
- Étape 2 : OA′ = +15 cm : l’image est réelle, du côté émergent.
- Étape 3 : γ = OA′/OA = −0,50 et A′B′ = γ AB = −1,0 cm.
Résultat : L’image est réelle, renversée, à 15 cm de la lentille et de taille 1,0 cm.
Piège à éviter : Remplacer OA par +30 cm alors que l’objet est avant la lentille inverse la convention algébrique.
À toi d'essayer
Un grandissement vaut −2,0. Que peux-tu affirmer sur l’orientation et la taille de l’image ?
Voir la réponseMasquer la réponse
L’image est renversée car γ est négatif, et deux fois plus grande car |γ| = 2,0. La nature réelle ou virtuelle doit être établie avec le montage et la position, pas avec le seul mot agrandie.
2. Exploiter les relations et régler un montage
La relation de conjugaison fournie est 1/OA′ − 1/OA = 1/f′, et le grandissement γ = A′B′/AB = OA′/OA. Les distances sont algébriques. On choisit une unité commune avant d’additionner des inverses ; les centimètres conviennent si toutes les distances sont en centimètres. Un résultat de 0,050 cm⁻¹ correspond à une distance de 20 cm et non de 0,050 cm.
Un objet réel situé plus loin que le foyer objet d’une lentille convergente donne une image réelle. Quand l’objet se rapproche du foyer en restant à l’extérieur, l’image s’éloigne. Si l’objet est placé entre le foyer objet et la lentille, les rayons émergents divergent et leurs prolongements donnent une image virtuelle droite, comme avec une loupe. Pour un objet au foyer, le modèle donne des rayons émergents parallèles ; on ne décrit pas une image à distance finie.
Exemple résolu
Une lentille de f′ = +10 cm est utilisée avec un objet à OA = −5,0 cm. Déterminer l’image.
- Étape 1 : 1/OA′ = 1/f′ + 1/OA = 1/10 − 1/5 = −1/10 en cm⁻¹.
- Étape 2 : OA′ = −10 cm : l’image est du même côté que l’objet.
- Étape 3 : γ = (−10)/(−5,0) = +2,0.
Résultat : L’image est virtuelle, droite et deux fois plus grande, à 10 cm avant la lentille.
Piège à éviter : Une distance image négative n’est pas une erreur de calcul ; elle signale ici une image virtuelle.
À toi d'essayer
Un élève obtient une image virtuelle avec une loupe et déplace un écran pour la chercher. Pourquoi cette recherche échoue-t-elle ? Propose une modification pour obtenir une image projetable d’un objet réel.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
Pour estimer une distance focale, une image nette d’un objet suffisamment lointain se forme près du plan focal image. Cette méthode fournit une estimation, pas une égalité exacte pour tout objet fini. On ne vise jamais le Soleil. Pour tester la conjugaison, relève plusieurs positions d’objet et d’image nette, puis compare les inverses algébriques aux prédictions. La mise au point peut se faire en modifiant les distances ou la focale d’un dispositif adapté.
3. Ajouter des lumières ou retirer des composantes
La couleur perçue dépend de la lumière reçue par l’œil, de la sensibilité des récepteurs et des conditions d’observation. En vision courante, trois types de cônes ont des sensibilités spectrales larges et chevauchantes. Leurs réponses combinées participent à la vision trichromatique. Il ne s’agit pas de trois détecteurs limités chacun à une unique couleur. Les bâtonnets interviennent particulièrement en faible lumière et ne permettent pas cette discrimination des couleurs.
La synthèse additive superpose des lumières. Dans le modèle RVB, rouge et vert produisent une sensation de jaune, vert et bleu de cyan, rouge et bleu de magenta. Une combinaison adaptée des trois produit une sensation de blanc. Ajouter davantage d’une seule composante ne conduit pas nécessairement au blanc : les proportions et l’intensité comptent. Deux lumières complémentaires donnent ensemble du blanc dans les conditions du modèle.
La synthèse soustractive décrit le retrait de composantes par absorption. Un filtre transmet certaines lumières et en absorbe d’autres ; il ne fonctionne pas seulement par réflexion. Un filtre jaune idéal transmet rouge et vert et absorbe bleu. Un filtre cyan transmet vert et bleu et absorbe rouge. À travers deux filtres superposés, seules les composantes transmises par les deux subsistent.
Des pigments ou encres absorbent aussi une partie de la lumière et diffusent le reste vers l’observateur. Dans le modèle idéal CMJ, leur combinaison peut retirer les trois composantes et donner du noir. Les mélanges réels dépendent des spectres d’absorption et de diffusion des matériaux : mélanger n’importe quelles peintures n’assure pas un noir parfait. On distingue donc le modèle simplifié et les résultats expérimentaux.
Exemple résolu
Une lumière blanche traverse successivement un filtre jaune idéal puis un filtre cyan idéal. Elle éclaire ensuite un objet rouge idéal qui absorbe vert et bleu. Quelle lumière sort des filtres et comment apparaît l’objet ?
- Étape 1 : Le jaune retire le bleu : rouge et vert restent.
- Étape 2 : Le cyan retire le rouge : seul le vert est transmis.
- Étape 3 : L’objet rouge absorbe le vert reçu et ne reçoit pas de rouge à diffuser.
Résultat : La lumière transmise est verte ; l’objet rouge paraît noir ou très sombre dans le modèle idéal.
Piège à éviter : Dire que l’objet reste rouge quelle que soit la lumière suppose à tort qu’il émet lui-même du rouge.
À toi d'essayer
On projette deux lumières, rouge et verte, sur un écran blanc. Puis on remplace les projecteurs par deux filtres idéaux rouge et vert superposés devant une lumière blanche. Obtient-on la même couleur ? Justifie.
Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.
4. Relier les modèles aux observations
Un objet éclairé n’a pas la même apparence sous toutes les sources. La lumière incidente fournit les composantes disponibles ; l’objet en absorbe, diffuse ou transmet certaines. Un objet jaune idéal éclairé en rouge peut paraître rouge car il diffuse le rouge reçu. Éclairé en bleu seul, il paraît sombre puisqu’il l’absorbe. La couleur annoncée sous lumière blanche ne suffit donc pas à prévoir toutes les situations.
Une observation expérimentale utilise des sources, filtres et objets réels dont les sélections spectrales ne sont pas parfaites. On confronte les résultats aux prévisions sans transformer une différence de nuance en contradiction automatique. Pour l’optique géométrique, la netteté et les incertitudes de position limitent aussi les mesures. Chaque modèle décrit certaines propriétés de la lumière ; le modèle des rayons ne suffit pas à expliquer l’origine des spectres.
Au bac : choisir le bon modèle optique
- Pour une image, fixe l’axe et les signes, construis les rayons puis utilise les relations de conjugaison et de grandissement fournies.
- Pour une couleur, repère d’abord s’il s’agit de superposer des lumières ou de traverser des filtres/éclairer un objet.
- Suivre chaque composante disponible à chaque étape évite de mélanger synthèse additive et soustractive.
- Conclure sur la position, l’orientation et la taille d’une image, ou sur la lumière qui atteint réellement l’œil ; indique les limites du modèle idéal.
Deux problèmes, deux démarches
| Question | Outil principal |
|---|---|
| Où se forme l’image ? | Rayons et distances algébriques |
| Quelle lumière atteint l’œil ? | Composantes incidentes, absorption, diffusion, transmission |
Erreurs fréquentes : oublier un signe de distance, rechercher une image virtuelle sur un écran, ajouter des couleurs de filtres comme des lumières, ou supposer qu’un objet produit sa propre couleur. Une chaîne claire de rayons ou de composantes rend la réponse vérifiable.
S’entraîner : retrouve les activités d’optique dans l’espace Exercices du site.
À retenir
- Une lentille convergente peut former une image réelle ou virtuelle selon la position de l’objet.
- Le signe du grandissement indique l’orientation et sa valeur absolue le rapport des tailles.
- La synthèse additive superpose des lumières ; la synthèse soustractive retire des composantes.
- La couleur perçue dépend de la lumière incidente, des propriétés de l’objet et de la vision.
Fiche de révision
Images
dessiner O, F, F′ et orienter les distances avant d’utiliser les relations.
Conjugaison
calculer l’inverse puis revenir à la distance ; contrôler le signe.
Couleurs
suivre R, V et B étape par étape dans le modèle idéal.
Regard critique
filtres et pigments réels ne sélectionnent pas parfaitement les mêmes domaines que le modèle simplifié.
Questions fréquentes
Une lumière blanche est-elle forcément un spectre continu ?
Non. Plusieurs lumières de spectres différents peuvent produire une sensation de blanc par stimulation combinée des récepteurs. Le spectre décrit la composition, la couleur décrit la perception.
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