Mouvement et forces

Un mobile qui tourne à vitesse constante subit-il une résultante ?

Environ 35 minutes

  • Construire une variation de vitesse
  • Utiliser la relation approchée forces-variation de vitesse
  • Exploiter une chronophotographie
Sommaire
  1. 1. Décrire un mouvement sans confondre les grandeurs
  2. 2. Relier variation de vitesse et somme des forces
  3. 3. Exploiter des positions mesurées
  4. 4. Tester un modèle avec des données

Un mobile qui tourne à vitesse constante subit-il une résultante ?

La réponse dépend du vecteur vitesse, dont la direction compte autant que la valeur. Tu vas construire sa variation, exploiter des positions et relier cette variation aux forces.

1. Décrire un mouvement sans confondre les grandeurs

Un mobile peut tourner sans accélérer au sens courant d’augmenter sa vitesse, et pourtant son vecteur vitesse change. Pour relier mouvement et forces, on doit distinguer une valeur, une direction et un sens. On choisit d’abord le système étudié et le référentiel. Dans ce chapitre, le système est modélisé par un point matériel et le référentiel terrestre est considéré galiléen à l’échelle de l’expérience.

Le vecteur vitesse est tangent à la trajectoire et orienté dans le sens du mouvement. Sa norme, exprimée en m·s⁻¹, est la valeur de la vitesse. Une trajectoire rectiligne ne garantit pas une vitesse constante ; une vitesse de valeur constante ne garantit pas un mouvement rectiligne. Dans un mouvement circulaire uniforme, la norme reste identique mais la direction du vecteur change.

La variation entre deux instants se définit par Δv = v₂ − v₁. C’est une différence de vecteurs, pas seulement une différence de leurs normes. Pour la construire, on transporte les deux vecteurs à une même origine en conservant leurs directions, leurs sens et leur échelle. Le vecteur qui va de l’extrémité de v₁ à l’extrémité de v₂ représente alors Δv.

Même si la valeur de la vitesse reste identique, changer de direction donne une variation de vitesse non nulle.

Exemple résolu

Dans un repère orthonormé, un mobile passe de v₁ = (3,0 ; 0) m·s⁻¹ à v₂ = (0 ; 3,0) m·s⁻¹. Déterminer Δv et expliquer pourquoi il n’est pas nul.

  1. Étape 1 : Soustraire les composantes : Δv = (0 − 3,0 ; 3,0 − 0).
  2. Étape 2 : On obtient Δv = (−3,0 ; 3,0) m·s⁻¹, dirigé vers la gauche et vers le haut.
  3. Étape 3 : Les deux normes valent 3,0 m·s⁻¹ mais les directions diffèrent.

Résultat : La variation du vecteur vitesse n’est pas nulle malgré une valeur de vitesse inchangée.

Piège à éviter : Calculer seulement 3,0 − 3,0 = 0 ignore le caractère vectoriel de la vitesse.

À toi d'essayer

Un mobile ralentit tout en continuant vers la droite. Quel est le sens de sa variation de vitesse sur un petit intervalle ?

Voir la réponse

Vers la gauche : v₂ reste dirigé vers la droite mais sa norme est plus petite que celle de v₁. La différence v₂ − v₁ est donc opposée au mouvement.

2. Relier variation de vitesse et somme des forces

Pour une masse m constante, entre deux instants voisins séparés par Δt, on utilise la relation approchée ΣF ≈ m Δv/Δt. La somme porte uniquement sur les forces extérieures appliquées au système choisi. La masse est en kg, le temps en s et les vitesses en m·s⁻¹. La résultante ΣF est en newtons. Cette formulation suppose que l’évolution peut être décrite sur un intervalle suffisamment court.

On peut aussi écrire Δv ≈ (ΣF/m) Δt. La variation a la direction et le sens de la résultante, puisque m et Δt sont positifs. Pour une même résultante appliquée pendant la même durée, une masse plus grande varie moins vite. Une force n’impose pas directement une vitesse : elle intervient dans la variation de vitesse. Un mobile peut donc continuer à avancer quand la résultante est nulle.

Si les forces se compensent, ΣF = 0 et le vecteur vitesse reste constant dans les conditions du modèle : repos ou mouvement rectiligne uniforme. Inversement, un virage implique une variation vectorielle, donc une résultante non nulle. Pour une chute libre, seule la pesanteur agit : Δv ≈ g Δt, vers le bas. Au sommet d’un lancer vertical, la vitesse peut être momentanément nulle sans que le poids le soit.

Exemple résolu

Un chariot de masse 0,50 kg subit une force de traction horizontale de 1,5 N vers la droite et un frottement de 0,50 N vers la gauche. Les forces verticales se compensent. Estimer Δv sur 0,20 s.

  1. Étape 1 : La résultante horizontale vaut 1,5 − 0,50 = 1,0 N vers la droite.
  2. Étape 2 : Utiliser Δv ≈ (1,0/0,50) × 0,20.
  3. Étape 3 : La variation est de 0,40 m·s⁻¹ vers la droite.

Résultat : Le vecteur vitesse gagne environ 0,40 m·s⁻¹ vers la droite sur cet intervalle.

Piège à éviter : Utiliser la traction seule au lieu de la somme des forces surestime la variation.

À toi d'essayer

Le même bilan des forces agit sur une masse double pendant la même durée. Comment évolue la variation de vitesse ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

3. Exploiter des positions mesurées

Les écarts de position augmentent. Les vitesses estimées aux instants 1 s et 2 s valent 1,5 m·s⁻¹ et 2,5 m·s⁻¹ ; les flèches utilisent la même échelle.

Une chronophotographie ou une vidéo fournit des positions à intervalles réguliers. Pour exploiter ces données, relève l’intervalle entre les images et une longueur de référence présente dans le plan du mouvement. Le point suivi doit être le même sur toutes les images. Des erreurs de pointage, une perspective marquée ou un mouvement hors du plan peuvent fausser les vitesses calculées.

Une estimation centrée de la vitesse à t_i utilise les positions voisines : v_i ≈ (M_(i−1)M_(i+1))/(2 Δt), sous forme vectorielle. Le numérateur est le déplacement entre les deux positions qui encadrent l’instant ; il faut donc diviser par deux intervalles. Une estimation avant utilise le déplacement entre M_i et M_(i+1), divisé par Δt ; elle se rapporte plutôt à l’intervalle correspondant. Il faut annoncer la convention et rester cohérent.

Pour estimer une force à partir de deux vitesses connues à t₁ et t₂, utilise l’intervalle entre ces instants : Δv/(t₂ − t₁). Si les vitesses sont centrées et estimées aux instants 1 s et 2 s, leur écart temporel vaut 1 s. Il ne faut pas réutiliser automatiquement le dénominateur 2 Δt qui avait servi à calculer chaque vitesse. Les deux opérations ne portent pas sur le même intervalle.

Exemple résolu

Les positions sur un axe sont 0, 1, 3 et 6 m aux instants 0, 1, 2 et 3 s. La masse vaut 0,20 kg. Estimer les vitesses centrées à 1 s et 2 s, puis la résultante moyenne sur cet intervalle.

  1. Étape 1 : À 1 s : v₁ ≈ (3 − 0)/(2 − 0) = 1,5 m·s⁻¹.
  2. Étape 2 : À 2 s : v₂ ≈ (6 − 1)/(3 − 1) = 2,5 m·s⁻¹.
  3. Étape 3 : La variation vaut 1,0 m·s⁻¹ en 1,0 s ; ΣF ≈ 0,20 × 1,0/1,0 = 0,20 N.

Résultat : La résultante estimée vaut 0,20 N vers le sens positif de l’axe.

Piège à éviter : Diviser la différence de vitesses par 2 s confond la fenêtre de calcul d’une vitesse avec l’écart entre les deux instants de vitesse.

À toi d'essayer

Une balle monte verticalement, atteint un sommet, puis redescend. On néglige l’air. Compare le sens de la résultante juste avant, au sommet et juste après. La vitesse doit-elle avoir le même sens que cette force ?

Correction détaillée pas à pasDans ce chapitre : 2 corrections détaillées.

4. Tester un modèle avec des données

Un traitement numérique peut conserver les positions dans deux listes x et y, calculer les composantes des vitesses par différences centrées, puis leurs variations. Pour chaque résultat, on associe le bon instant et la bonne unité. Un graphique des composantes permet de comparer la variation de vitesse aux forces attendues, plutôt que de juger seulement l’allure générale d’une trajectoire.

La différenciation de positions mesurées amplifie les erreurs de pointage. Une petite irrégularité entre deux images peut produire une variation de vitesse apparente. Répéter le pointage, améliorer l’échelle, utiliser plusieurs intervalles et discuter les incertitudes aide à évaluer le résultat. Réduire indéfiniment Δt n’améliore pas forcément la mesure lorsque les positions sont peu précises.

Le modèle du point matériel ignore la rotation et la déformation du système. Un objet étendu peut tourner tout en se déplaçant ; le mouvement d’un point de sa surface n’est pas toujours celui de son centre. L’air, les frottements ou une poussée mal identifiée peuvent aussi expliquer un écart. Une comparaison expérimentale doit donc préciser le système, le référentiel et les interactions retenues.

Au bac : passer d’un mouvement à une force

  1. Définis le système et le référentiel, puis repère les instants des vitesses utilisées.
  2. Construis ou calcule Δv avec une même échelle et une même base de coordonnées ; contrôle les signes.
  3. Applique la relation approchée avec l’intervalle de temps pertinent et la masse en kilogrammes.
  4. Confronte direction, sens et norme de la résultante estimée au bilan des forces. Une force inconnue peut être déduite en retirant vectoriellement les forces connues.

Vocabulaire

Résultante :
Somme vectorielle des forces appliquées au système.
Point matériel :
Modèle qui représente un système par un point pour décrire son déplacement.
Chronophotographie :
Succession de positions d’un objet prises à des intervalles de temps connus.

Deux confusions à éviter

GrandeurCe qu’elle décrit
Vitesse vMouvement instantané : direction, sens, valeur
Variation ΔvChangement du vecteur vitesse
Somme des forcesCause de cette variation dans le modèle utilisé

Erreurs fréquentes : associer systématiquement force et sens du mouvement, soustraire des normes au lieu de vecteurs, oublier les forces qui se compensent ou diviser par un mauvais intervalle. Une construction géométrique et un repérage temporel précis permettent de les corriger.

S’entraîner : retrouve les activités de mouvement et de forces dans l’espace Exercices du site.

À retenir

  • La variation Δv est la différence de deux vecteurs vitesse.
  • Pour des instants voisins, ΣF ≈ m Δv/Δt dans le cadre du modèle étudié.
  • Une résultante nulle correspond à une vitesse vectorielle constante.
  • Le sens d’une force n’est pas nécessairement le sens du mouvement.

Fiche de révision

Repères

système, référentiel, point suivi, intervalles et échelle spatiale.

Construction

mêmes origines pour v₁ et v₂ ; Δv relie leurs extrémités dans le bon sens.

Exploitation

convertis les unités et associe chaque vitesse à son instant.

Validation

compare le résultat au bilan des interactions et discute le bruit de pointage.

Questions fréquentes

Au sommet d’un lancer, le poids disparaît-il ?

Non. La vitesse peut être nulle un instant, mais la Terre continue à exercer le poids. Cette force fait évoluer la vitesse vers le bas.

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